Pollution électromagnétique : les lampes basses consommations concernées.
Les inquiétudes ne sont pas des preuves mais néanmoins ce sont les interrogations mêmes inquiètes qui amènent les bonnes réponses. Cette étude du centre de recherche et d'information sur les rayonnements électromagnétiques est à verser au dossier. Chroniques des cahiers techniques du bâtiment, mars 2008.
Pollution électromagnétique : les lampes basses consommations concernées.
Tout appareil électrique, tout fil électrique génère dans son environnement un champ électromagnétique 50 Hertz, c'est à dire un champ électrique 50 Hertz et un champ magnétique 50hertz. Le champ électrique se mesure en Volt par mètre (V/m) et le champ magnétique en micro Tesla (µT). Ainsi, une ligne T. H. T. 400 000V produit un champ électrique de 1000 à 10000 V/m et un champ magnétique de 1 à 160 micro tesla. Une cafetière électrique produit un champ électrique de 15 à 250 V/m et un champ magnétique de 0,1 à 0,4micro tesla, à 30 cm de distance suivant la qualité de mise à la terre de l’habitation. Dans l'ambiance générale d'une maison bien conçue sur le plan électrique, on peut mesurer un champ électrique de 1,5 à 10 V/m et un champ magnétique de 0,02 à 0,1micro Tesla. Dans une maison mal conçue sur le plan électrique, ces valeurs fluctuent de 10 à 200 V/m et de 0,05 à 2,7 µT. Des valeurs qu’il faut comparer aux normes reconnues par l’ensemble de la communauté scientifique qui sont de 0,25 µT pour le champ magnétique induits par les courants électriques et de 0,6 V /m pour les champs électriques générés par la téléphonie mobile ou les hyperfréquences.

Les ordinateurs ont été les premiers équipements mis en cause après l'apparition de nombreux troubles chez leurs utilisateurs, à tel point que c'est dans ce domaine qu'une première loi limitant leur utilisation dans le domaine du travail a été votée dès mai 1991. Avec les fours à micro-ondes, les lampes basses consommation et les téléphones portables nous sommes en présence d’appareils fonctionnant avec des fréquences beaucoup plus importantes (Mégahertz) susceptibles de provoquer des perturbations d‘autres appareils. Les téléphones mobiles interfèrent avec les pacemakers et parasitent les systèmes informatiques de surveillance (avions, centres de soins). Mais ce que nous venons de découvrir, c’est que les lampes basses tensions ont des effets similaires. La cause provient de l’absence de blindage de leur ballast électronique. Notre étude qui a porté sur un large panel de lampes montre que tous les fabricants sont concernés. Il en ressort que les ampoules à économie d’énergie, en fonction de leur puissance et de la distance des mesures, élèvent considérablement les rayonnements radioélectriques lorsqu’elles sont allumées. Les valeurs détectées varient de 180 V/m à 4 V/m dans les 20 premiers
cm pour des puissances allant de 20 à 11 Watts. Pour des puissances de 7 à 5 Watts ces valeurs sont moindres, mais varient de 34 à 2 V/m dans les 20 premiers centimètres, et il faut 1m de distance pour retrouver une valeur de bruit de fond électromagnétique naturel qui est de 0,2 V/m.
En raison des valeurs détectées il y a lieu d’alerter :
- les personnes qui les utilisent comme lampe de chevet, très proche de leur tête de lit, sur leur table de travail ou sur leur bureau, car elles peuvent être exposées, selon la distance et la puissance des ampoules à des champs électriques allant de 2 à 100 V/m, voire plus ;
- les personnes qui sont appareillés avec des dispositifs d’assistance médicale, actifs ou inactifs (peace maker, pompes à médicaments, prothèses, clips veineux, appareils auditifs, …) car elles peuvent être exposées de façon instantanée lors de la mise en service des ampoules à des pics de champs électriques de l’ordre de 100 à 300 V/m, voire plus et, par la suite, en fonction des distances et des puissances impliquées, à des champs électriques allant de 2 à 100 V/m. Il en résulte que des effets de compatibilité électromagnétique (CEM) sont à craindre et que des dysfonctionnements et des incidents sur les implants médicaux électroniques restent possibles, avec des conséquences sanitaires importantes pour les personnes exposées.
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L’intensité au service du développement durable. |
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On parle beaucoup, depuis quelque temps, de la maison « à énergie positive ». Contrairement à ce que l’on peut penser, ce n’est pas une maison qui fournit sa propre énergie, elle n’est pas autonome, sauf exception en haute montagne, loin de tout. Elle a juste deux fonctions, la première, traditionnelle, d’accueillir des habitants, et la seconde, toute nouvelle, d’être une centrale à énergie. Si la maison est bien conçue, bien isolée, elle consomme très peu d’énergie, et si elle offre des plans bien exposés (orientation et pente), la centrale solaire produira plus d’énergie, ce qui fait que le bilan est positif. En confiant deux missions à la construction, on a intensifié l’usage du sol, on rentabilise une denrée rare.
Le développement durable nous conduit à utiliser au mieux chaque ressource, de manière à poursuivre un développement économe de ces ressources. Il faut bien sûr avoir recours à des technologies efficaces, mais on oublie souvent de se poser la question de l’usage. Un immeuble utilisé un tiers du temps est-il durable ? Ne peut-on en imaginer une conception qui permette une utilisation multiple, de manière à intensifier son usage, le service rendu à l’unité de ressource (y compris l’espace) consommée ? Les travaux actuels sur l’économie de fonctionnalité, la banalisation de locaux comme de voitures ou de matériels, la location souple plutôt que la propriété, la primauté accordée dans les raisonnements au service plutôt qu’à l’équipement doivent orienter la réflexion sur la manière de concevoir et ensuite d’exploiter des locaux. Les techniques modernes de communication, la dématérialisation des documents, le travail à distance, offrent des opportunités qu’il convient d’exploiter. Une exigence toutefois, à ne pas oublier : ces espaces sont conçus pour des êtres humains, avec leur culture, leurs besoins physiologiques et relationnels, et la recherche d’économie de ressources ne peut se faire au prix d’une dégradation de leur qualité de vie, bien au contraire. Il faut donc allier deux exigences qui peuvent paraître antagonistes, tout comme les mots développement et durable. La recherche de l’efficacité maximum dans l’usage des ressources doit aller de pair avec celle du plaisir et de l’agrément des personnes. Beau challenge, qui trouve dans l’immobilier une terre de mission exceptionnelle.
Dominique Bidou
Président d’honneur de l’association HQE
http://www.db-dd.org/