La société de consommation est une société de
l’instantané : chacun consomme selon son besoin du moment,
un bien ou un service, dans le domaine des loisirs, comme dans les biens de
consommations quotidiens. On veut tout essayer, du produit en soi à la
manière de l’acquérir : changer pour trouver mieux,
ne pas rester dans l’immobilisme une seconde, telle est la société d’ aujourd‘hui.
Dans le monde
de l’Entreprise, les cycles économiques suivent
ce même chemin : l’activité fluctue au gré du
marché et de la demande du moment dans un système où le « consommateur » est
roi.
L’Immobilier suit le monde de l’Entreprise : les immeubles
et leur occupation varient avec l’activité, l’entreprise
est « reine », et ses besoins déterminent l’utilisation
des murs.
La société de l’instantanéité s’applique
donc à l’immobilier : l’immobilier se met en mouvement,
les mouvements s’accélèrent, les contenants s’adaptent
aux contenus, remettant entièrement en cause la gestion des équipements
qui les constituent. Devenant alors des « consommables » au
service de l’activité, ces équipements voient leur maintenance évoluer.
Maintenance
préventive
et maintenance curative
La maintenance
préventive consiste à planifier les actions de
maintien du bon fonctionnement des équipements, tandis que la maintenance
curative consiste à gérer les interventions au cas par cas, ponctuelles,
survenant de façon imprévue. Dans le tertiaire, une optimisation
du préventif permettrait de le faire baisser et de se focaliser plus
nécessairement sur le curatif.
Au sein des grands
groupes et des mouvances actuelles des fusions, acquisitions, le cycle de
vie d’occupation se raccourcit, l’immeuble qui se devait
d’être immuable dans le temps se réhabilite de plus
en plus souvent au goût des nouveaux arrivants.
L’effet du contenu agit sur le contenant : le cycle économique
de l’entreprise dépasse celui du bâtiment. Les réaménagements
liés à l’activité sont de plus en plus fréquents,
et entraînent des travaux de réhabilitation.
La notion de préventif s’oriente peu à peu vers celle
d’une gestion des fréquences de changements : la question « quand
devrons nous casser ce mur et changer le système de ventilation » se
substitue à celle-ci : « quand devons-nous nettoyer
les filtres ? »
Les équipements servant l’activité deviennent des « consommables ».
Les normes changent, et l’effet de préventif tend à relever
sommairement la qualité du matériel installé. Les garanties
commencent à être appliquées, rendant encore plus difficile
ou plus longue la période de premier entretien. Tout cela tend à pousser
le préventif vers la sortie pour laisser place au conditionnel.
La
maintenance conditionnelle et prédictive, implantée dans
l’industrie, est en passe de le devenir dans le tertiaire.
Les priorités ont changé et la maintenance préventive
perdure uniquement pour ce qui touche à la sécurité des
personnes et des biens. La maintenance curative elle, éternelle, demeure,
et concerne 70% des petites opérations de maintenance.
Face à cette société de consommation, où les mouvements
de personnel et de bâtiment ne cessent d’augmenter, comment équilibrer
les contrôles dans ces deux domaines ?
Maintenance et GMAO
Cette évolution impose de revoir les concepts mêmes de la GMAO
(gestion de la maintenance assistée par ordinateur). Outil de maintien
d’un système opérationnel des équipements pour garantir
la sécurité, la protection, et surtout le bon taux de fonctionnement,
la GMAO touche désormais les secteurs de l’industrie et des services.
Dans le secteur
tertiaire, elle concerne l’ensemble des équipements
qui le constituent (unités de production ou équipements hors
production). Longtemps décriée par les acteurs du tertiaire,
la GMAO fut cantonnée à l’industrie jusqu’à une époque
récente. Ce n’est que depuis une quinzaine d’années
que l’on voit apparaître ici et là des GMAO chez les grands
institutionnels du monde de l’immobilier.
Les contrôles relatifs à l’environnement mais aussi à la
protection s’avèrent de plus en plus difficiles à suivre,
exécuter, archiver, et lever. Le système humain n’étant
pas infaillible, les grands institutionnels du tertiaire se tournent vers des
outils qui permettent de suivre en temps réel les processus de contrôle
tout au long de leur déroulement : un des outils permettant ce
suivi est la GMAO.
GMAO et institutionnels
Une divergence
existe entre industrie et milieu tertiaire : tandis que
dans l’industrie la GMAO a pour vocation de maintenir à 100% un
système en production afin de garantir la livraison des biens produits,
en milieu tertiaire, elle a pour but de fournir une prestation exigeante pour
offrir le meilleur rendu à l’occupant. Le vieil adage de la protection
des biens et des personnes est aujourd’hui l’affaire de tous. Ce
thème de la sécurité entre en jeu dès la constitution
d’un Référentiel Unifié. En effet, alors que l’industrie
pousse à protéger l’homme des machines, le tertiaire, lui,
met à distance l’homme de la machine. Les institutionnels qui
ont fait le choix d’équiper en Gestion de maintenance leurs actifs
avaient, semble t-il, déjà pressenti la tendance d’aujourd’hui
et pris les devants sur l’émergence des nouvelles normes de plus
en plus restrictives et contraignantes dans la gestion quotidienne.
GMAO et Référentiel
Certains institutionnels,
ne trouvant pas de solution dédiée
conforme à ces nouvelles contraintes, se sont tournés vers des
outils « maison », qui cependant, ne prennent pas en
compte l’ensemble des exigences actuelles, un seul Référentiel,
une seule base ou regroupement d’information afin de pouvoir effectuer
des consolidations, des campagnes uniformes sur l’ensemble de leurs patrimoines,
des audits permettant de se prémunir des risques de type « pénal » ou
pouvant nuire à la sécurité des personnes. Les nouvelles
réglementations poussent les outils de GMAO à devenir partie
intégrante d’un Référentiel Unifié Métier,
permettant à chacun des acteurs de la chaîne tertiaire (Directeur
investissement, Directeur exploitation, chargé d’actifs, responsable
maintenance et sécurité) d’y retrouver les informations
nécessaires à la direction de ces grands paquebots. A l’image
d’un navire, ces bâtiments architecturés doivent être
pilotés autant d’un point de vue financier que technique. La GMAO
doit contribuer à fédérer le Référentiel
technique et physique («géolocalisation »), véritable
composant du Référentiel immobilier.
Les outils de
GMAO, ainsi reliant les aspects financiers et techniques des bâtiments, créent par voie de conséquence une relation
entre le cycle économique des entreprises occupantes et les équipements
dont elles disposent. En tant que composante du Référentiel immobilier
unifié (référentiel budgétaire, technique et physique)
la GMAO unifiée pour le tertiaire permet une gestion des contrôles
des équipements sans perdre de vue leur « plan de vie » futur.
Tout en conservant son rôle de gestionnaire pour la maintenance préventive,
qui doit s’optimiser, la GMAO permet de maîtriser des quantités
de données en augmentation pour les opérations curatives.
GMAO, ses principes
de fonctionnement attachés au tertiaire
L’outil de GMAO se doit d’être un liant pour assurer la
sérénité des occupants. Une intervention, si minime soit
elle, sur une centrale de traitement d’air, peut avoir des répercussions
importantes sur les personnes et leur confort. Elle doit être planifiée,
orchestrée et vérifiée dans les règles de l’art.
Le fait de poser à plat tous les systèmes et leurs concepts permet
d’établir une cartographie des actions à effectuer, qu’elles
soient d’ordre d’entretien courant ou liées aux règles
environnementales. Cela permet une rationalisation des charges et une industrialisation
des types d’entretien rencontrés dans le tertiaire, tout en garantissant
l’opérabilité optimale. Sachant qu’un immeuble est
pratiquement toujours constitué des mêmes composants (chauffage
et climatisation, clos et couvert, énergies et fluides, systèmes
de circulation) il s’agit suivant leurs configurations et spécifications
réglementaires appropriées de suivre ou de faire suivre ces précieux
indicateurs de qualité.
C’est pourquoi
les grands institutionnels, précurseurs dans ce
domaine, se tournent dorénavant vers des solutions unifiées de
gestion de patrimoine permettant une certaine « industrialisation » et
une unification par un Référentiel. De même que dans l’industrie,
une bonne gestion et une bonne planification permettent d’éviter
des arrêts intempestifs dus à un mauvais entretien. La GMAO se
transforme peu à peu en outil de gestion de patrimoine. Autrefois charge,
elle est désormais facteur d’analyse des coûts et de retour
sur investissement. Une GMAO efficiente permet ainsi de passer avec brio une
commission de sécurité et de suivre les préconisations
des bureaux de contrôle. A l’optimal, ce système tend vers
un « risque 0 ». Le zéro risque tertiaire optimise
l’utilisation des charges afin de réaliser des économies
et d’accroître le taux de rendement des loyers. Face à une
offre concurrentielle, une bonne gestion du carnet de vie de l’immeuble
entraîne un effet de levier supplémentaire constituant un atout
décisif auprès des investisseurs.
Ce
qui apparaissait comme une dépense est aujourd’hui un argument
de vente, la charge se transforme en ressource.
Tandis que le
monde industriel connaît des réglementations spécifiques
variant en fonction de l’activité de production, les bureaux et
commerces eux, suivent en grande partie des normes communes liés aux
ERP (Etablissements recevant du Public), IGH (Immeuble de Grande Hauteur)
etc., d’où l’émergence d’outils standards et
fédérateurs pour le tertiaire, dont la GMAO.
La récente prise de conscience des enjeux environnementaux se concrétise
peu à peu à travers des lois et des pratiques, notamment au sein
de la vieille Europe, dans la production industrielle comme dans le tertiaire.
Les outils de GMAO pour ce secteur sont de plus en plus dédiés à la
protection des personnes à travers l’environnement.
La GMAO en milieu
tertiaire évolue au gré de la politique environnementale
mais aussi avec les cycles économiques des entreprises (impactant sur
les modes d’exploitation des bâtiments). Face à la montée
de la réglementation concernant la protection des personnes, la GMAO
concerne de plus en plus le respect des lois environnementales.
Pour
faire face à des équipements dont la durée de vie
ne permet pas d’élaborer un « plan de vie »,
la GMAO veille au bon fonctionnement des équipements de manière
curative plus que préventive.
Bientôt la fin de la maintenance préventive ?
Michel TOLILA
et Gérard
HEGESIPPE
Quelques
préconisations types :
L’implication du management sera-t-elle prononcée
par un engagement écrit ?
Dispose-t-on de ressources internes pour mener à bien ce projet ?
Doit-on
former le personnel ?
Quel
est le budget alloué ?
Est-il
possible d'initier un module sous Excel ou Access ?
Les ressources disponibles sont-elles suffisantes ? Quelles
sont les échéances à venir (audit,
nouvelle ligne,...) ?
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