Depuis quelques mois, cinq services du ministère des finances se sont installés dans de nouveaux locaux à Montreuil. Parti d'une volonté de réduire les coûts du ministère, ce déménagement a permis de continuer la redynamisation de la zone Est de la banlieue parisienne.

Par rapport à de nombreux projets de ministère, ce déménagement fait preuve d'une importante modernisation en terme de conception spatiale et d'aménagement. Des normes spécifiques de rationalisation spatiale du confort et du travail ont été mises en application.
Une des principale recherche a été faite sur la configuration générale des plateaux. Le schéma classique constitué de deux zones de bureau de part et d'autre de l'étage, séparées par deux zones de circulations elle-même séparées par des locaux techniques au centre, a été abandonné. A Montreuil, il n'y a qu'un couloir de circulation, l'espace de la zone centrale et du deuxième couloir étant récupérés pour créer des extensions de bureaux, des locaux d'archives ou d'informatiques etc…L’espace est ainsi moins uniforme, et le couloir passe tantôt à gauche, tantôt à droite, ce qui dynamise les trajet des utilisateurs.
Dans l’ensemble, cette installation, orchestrée par la société Génie des Lieux, a été axée sur une recherche de qualité et de confort pour les employés. Il y a eu un grand travail d’Audit, et une volonté de répondre aux besoins de chaque service. Nous y trouvons ainsi des espaces thématiques :salle fumeur, salle fitness, place des arts… mais aussi des aménagements conçus spécifiquement : des locaux sur deux étages pour l’informatique, un hall d’accueil pour la mutuelle des finances, une salle VIP, des cloisons vitrées etc...
L’équipe du projet a choisi de faire un travail à échelle humaine, ce qui a permis une bonne acceptation du projet par tous. Il a même été organisé des visites sur place pour les plus méfiants ! La collaboration entre société externe et services internes du Ministère a d’ailleurs été productive, le résultat étant à la hauteur des espérances de tous.
La configuration actuelle du bâtiment permettra en outre une adaptation en fonction des besoins futurs des utilisateurs. Des pièces pourront être par exemple redéfinies, grâce à la présence de parois amovibles.
Pour compléter cette présentation, nous avons rencontré Monsieur Jean Deulin, sous-directeur immobilier au ministère, et qui a participé à ce déménagement.
Quel a été le contexte du déménagement ? (date, pourquoi déménager, lieu choisi (Montreuil) et pourquoi, mode choisi (location ?) difficultés rencontrées…)
Dans le cadre d'une politique de réductions des coûts ministériels, il a été décidé de déménager dans l’Est parisien un service du ministère des finances installé avenue de Ségur, dans le 7ème arrondissement de Paris. Depuis quelques années, l’Est de Paris et sa banlieue proche sont redynamisés notamment par l'implantation du ministère des finances à Bercy.
Fin 2001, un bail a donc été signé à Montreuil, et le déménagement effectif, débuté fin-juillet 2004, se terminera à la mi-novembre.
Montreuil a été choisi en fonction de sa proximité avec Bercy, dans un souci de regroupement des activités ministérielles, et parce que cette ville est bien desservie par les transports en commun.
Mais c'est surtout le coût raisonnable du loyer qui a motivé la décision.
La seule difficulté rencontrée, a été de faire accepter à nos agents de partir du centre de Paris pour Montreuil, mais le déménagement s’est finalement bien passé.
hall d'exposition
Quel a été votre rôle ?
Mon premier apport au projet a été de proposer Montreuil, pariant sur la possibilité que ce quartier deviendrait un grand pôle tertiaire. Puis j’ai travaillé avec le promoteur, veillé à ce qu’il adapte son projet de bâtiment aux spécificités ministérielles. J’ai également fait appel à la société Génie des lieux, souhaitant l’intervention de professionnels extérieurs au ministère, capables d’apporter une certaine originalité au projet. Je leur avais soumis les grandes lignes directrices de l’aménagement intérieur : pas d’open space, peu de bureaux individuels, mais plutôt des prolongements de bureaux en salle d’imprimantes en lignes ou de rangement, et une configuration moins classique, laissant de côté la formule du « bureau-couloir-bloc-couloir-bureau ». Tout ceci à la fois dans un souci de gain d’espace, et d’amélioration des conditions de travail des employés. Le planning précis a été défini par nos services.
Il a fallu aussi décider des secteurs d’activités qui seraient déménagés à Montreuil, mon choix s’étant porté sur les « activités de soutien » : informatique, logistique, statistiques, immobilier. Ces métiers ne sont pas aussi majeurs que ceux des décideurs, qui restent à Bercy (cabinet du ministre, direction, état major)
De quoi est constituée l’équipe projet ?
L’ingénieur en charge de l’aspect technique est Mme Rivière, elle a travaillé avec les ingénieurs du promoteur, elle a supervisé les entreprises de cloisonnement et de câblage. Un spécialiste des courants faibles ainsi qu’un responsable informatique l’ont assisté.
Concernant le pôle administratif, Mr Bonnery a organisé l’installation et le transfert des services qui occuperont ce bâtiment.
Mr Alexandre, responsable des services techniques de l’administration centrale l’a supervisé.
Des entreprises prestataires ont participé au projet, telles que Génie des Lieux pour le space planning, une société de cloisonnement et une de câblage.
Est-ce que la rationalité économique a été une raison de déménager ?
Oui. Deux raisons essentielles ont conduit au déménagement : une raison fonctionnelle, la volonté de rassembler les gens à proximité de Bercy, et une raison économique, à Montreuil le loyer est moins cher que dans le 7ème.
cloisons vitrées
Si oui, sur quels aspects les économies devaient être les plus grandes : coût du site, optimisation des surfaces de bureaux, modernisation des façons de travailler entraînant une réduction des coûts…
L’impact le plus grand en matière d’économies concerne le coût du mètre carré, mais on peut aussi noter des réductions de coûts plus difficilement mesurables. En effet, les agents ont moins de surface, donc il y a des économies d’espace alors que dans l’immeuble du 7ème arrondissement, il était impossible de modifier les cloisons. Ils ont également plus de commodités dans leur travail, car tout est câblé.
En quoi consiste la stratégie ?
Il s’agit d’une stratégie à long terme, qui consiste à développer nos implantations dans l’Est parisien. Nous souhaitons déplacer en banlieue des agents qui n’ont pas la nécessité d’être basés à Paris. Par exemple, des services des impôts dispersés sur sept sites dans Paris seront installés à Mont d’Est.
Le choix de l’Est s’explique par la volonté de revitaliser cette zone qui a émergé déjà avec le choix de s’installer à Bercy (12ème). Cela a été un succès. Nous avons donc continué en nous installant dans le 13ème, et aujourd’hui dans la banlieue Est.
Ce projet est-il novateur par rapport à ceux que vous avez connu auparavant ?
Nous proposons à nos salariés des activités internes comme une salle de sport, une bibliothèque, un centre médical, un réseau interne de télévision. Nous avons aussi essayé de rechercher une certaine convivialité dans l’organisation des bureaux, avec plus d’espaces de détentes, un coin fumeur etc…
espace de documentation
Y a-t-il aujourd’hui de plus en plus de communication envers les salariés sur les projets afin de les informer et de les faire y adhérer?
Bien sûr, les gens n’acceptent plus d’être ballotés d’un endroit à un autre sans rien pouvoir dire. Ils aiment donner leur point de vue. Nous souhaitons l’adhésion la plus grande possible. Ainsi une bonne communication est indispensable sur l’implantation mais aussi sur les bureaux. Le dialogue est facilité par le recours à une société comme Génie des Lieux, qui possède une « légitimité technique ».
D’autre part, nous avions fait circuler des plaquettes d’information pour présenter le nouveau bâtiment et acclimater nos équipes au déménagement. Il y a même eu un site Intranet de créé, informant les employés de l’environnement du bâtiment, les services à proximité, et leur permettant de poser des questions. Dans l’ensemble, le projet a été bien accepté par tous.
Propos recueillis par Alice Petit et Célia Sotelo