"Dinosaure" de la programmation, Alain Grandjean est ancien directeur du développement immobilier de Renault. Ingénieur et architecte de formation, il a été programmiste de 1970 à 1985 puis spécialiste en stratégie immobilière jusqu'en 2003 chez Renault, tout en se consacrant à l’enseignement jusqu’en 1995. A quelle époque peut-on situer l’apparition de la programmation ?
A l’origine la programmation désignait le cahier des charges pour faire un bâtiment : un document autosuffisant, clair, net, précis définissant les besoins des équipements à constuire. Il s’agissait de la programmation "réglementaire", qui est apparue en France dans les années 70, à la suite d’opérations « catastrophes », notamment dans le secteur public. Avant il existait toutefois des normes et des ratios qui constituaient des bases aux Maîtres d’Ouvrage.
Dans les pays anglo-saxons la programmation est née dès les années 50.
Est-elle au départ une démarche d'entreprises publiques ?
Oui, mais surtout la programmation de construction, dite « initiale ». le secteur privé vient aussi à la programmation de construction mais pour des équipements spécifiques (Centres de recherche). La programmation détaillée, qui demande d’autres compétences, marche mieux dans le privé car elle s'applique à des bâtiments classiques dont le caractère patrimonial correspond à son souci.
A-t-elle été rapidement externalisée et déléguée à des agences de programmation ?Oui, dans le public comme dans le privé, bien que celui-ci soit un plus réticent à l’externalisation.
De quel type sont les enjeux économiques de la programmation ?
La programmation permet de réduire 3 types de coûts :
· Les coûts d’investissement,
· Les coûts d’exploitation et de fonctionnement,
· Le coût social, car si un équipement est conçu pour répondre à la satisfaction « raisonnable » des utilisateurs, il y aura moins de problèmes sur le long terme en matière de performance individuelle et de fidélisation des salariés.
Quels sont les différents métiers au sein de la programmation ?
On peut distinguer 2 profils :
· Les généralistes, capables d’appréhender des organisations dans leur entier : architectes, organisateurs, sociologues, space planneurs, ingénieurs ;
· Les spécialistes : ergonomes, économistes du bâtiment, spécialistes en courant faible, en acoustique, communication…Ces personnes ajoutent un plus en définissant ou enrichissant les spécifications d’un programme.
Ces métiers nécessitent-ils des compétences de plus en plus pointues ? (notamment avec l’évolution des nouvelles technologies)
Au-delà des compétences techniques la programmation demande un état d’esprit basé sur le sens de l’organisation, la rigueur technique et intellectuelle, sans oublier le sens de la communication. C’est une démarche qui s’applique à tous les types d’activités, elle requiert donc bien plus une méthode que des connaissances encyclopédiques et illusoires de tous les cœurs de métiers des organismes analysés.
Elles doivent aussi être plus pointues avec les Nouvelles Technologies, mais aussi à cause des contraintes économiques de plus en plus sévères qui exigent de bien spécifier qualitativement et quantitativement. Enfin, les utilisateurs sont de plus en plus exigeants même s’ils n’ont pas toujours ce qu’ils souhaitent : d’où la nécessité de bien communiquer.
Va-t-on vers une plus grande participation des utilisateurs lors du processus d'élaboration du programme ?
Oui, mais attention à la démagogie et au désenchantement ultérieur. On démarre une démarche de programmation avec une réunion de tous les services de l’entreprise, au cours de laquelle il faut se faire admettre par le milieu où l’on va intervenir en expliquant le but et les limites de la mission de programmation.
La participation quant à elle demande d’abord d’annoncer clairement les objectifs et les contraintes de l’entreprise et leur justification. Par exemple, pour un open space, les raisons invoquées sont en général une meilleure communication, l’économie de surfaces et la flexibilité.
Le programmiste a des référents : il s’informe de ce qui se passe ailleurs, voit comment les structures équivalentes s’organisent et s’implantent. Il donne des limites au maître d’ouvrage. Puis il discute avec les salariés, et remonte leurs
suggestions à la direction. Les décisions sont annoncées et le projet expliqué.
Pensez-vous que le métier de programmiste va encore beaucoup évoluer dans les prochaines années ?
Oui. Les programmistes doivent s’adapter aux exigences économiques et sociales des entreprises, en perpétuelle évolution avec les Nouvelles Technologies. Les mouvements de personnel font évoluer les métiers techniques de la programmmation mais aussi l’appréhension de l’organisation. Les Nouvelles Technologies permettent de mieux les gérer.
Toutefois, les processus de création en commun nécessitent une complicité qui ne peut pas naître dans l’éloignement. Les Nouvelles Technologies ne sont pas la panacée absolue, elles doivent laisser sa place à la dimension humaine.
Que pensez-vous de l’avenir du secteur ?
Je suis optimiste pour l’avenir de la programmation si on arrive à convaincre le privé qu’elle est indispensable, notamment dans le secteur de la promotion immobilière des logements.
Le public autant que le privé feront partie de l’avenir de la programmation, même si le public reste concentré sur la programmation initiale et le privé sur celle de l’aménagement de l’espace intérieur.
Quelles formations conseillez-vous pour être programmiste ?
Il n’y a pas de formation « idéale » pour être programmiste : il faut avoir les compétences requises évoquées dans la 6ème question : rigueur, sens de l’organisation et de la communication. Toutefois, selon moi la formation d’architecte est optimale car elle apporte le plus du sens de l’espace à l’approche globale des problèmes.
Propos recueillis par Célia Sotelo
Si vous souhaitez approfondir ce thème, nous vous convions à la conférence IFMA du 21 octobre organisée par Génie des Lieux. Le Master Ingénierie et management des services de l'Université de Marne la Vallée a été divisé en plusieurs spécialités pour cette rentrée 2004-2005 dans le cadre de la réforme LMD. Le responsable de la spécialité Services généraux et Facility Management est Antoine LAINE.
L’objectif de la spécialité « Ingénierie de l’Immobilier » est de répondre aux besoins en personnel des professionnels de l’immobilier (bureaux d’études techniques, investisseurs institutionnels français et étrangers, foncières cotées, collectivités territoriales), des groupes de prestations de property et de facilities management, des entreprises du BTP et des entreprises en général en matière de gestion d’actifs et de portefeuilles immobiliers et de services généraux. L’idée de base étant d’optimiser le fonctionnement et l'organisation du domaine de l'immobilier, les compétences recherchées par les partenaires professionnels et développées dans les enseignements du parcours sont essentiellement des compétences de gestion et en droit, d’animation d’équipes pluridisciplinaires, de négociation commerciale et d'anticipation des besoins exigés par les entreprises pour leur développement. La maîtrise des systèmes d'informations immobilières est nécessaire pour faire face à l'automatisation croissante des outils utilisés dans le métier et les interfaces qui sont générées par les ERP.
Modalités d'admission :
Sur dossier et entretien le cas échéant. Une commission d'admission évalue l'adéquation des compétences et des connaissances du candidat avec les pré-requis nécessaires ainsi que l'adéquation du projet de l'étudiant avec les objectifs du master.
Pré-requis :
Au minimum, Licence de gestion, licence ingénierie de l’ information et management des services (IUP), licence d’économie, autres licences en rapport avec les parcours du master.
Débouchés professionnels :
Le parcours forme des spécialistes du management des services immobiliers aux entreprises et aux institutions publiques et associatives, et plus spécialement des spécialistes du management des fonctions-support capables d’assurer la gestion et l'exploitation des patrimoines immobiliers. Le secteur d'activité couvre le domaine immobilier de toute l'économie tertiaire et industrielle et le domaine plus récent et en pleine expansion des services à la personne proposés sur le lieu de travail.
Partenariat :
La garantie d'une formation adaptée à la demande des entreprises dans le secteur est assurée par le soutien de l'ARSEG (association des responsables de services généraux), du SYPEMI (Syndicat professionnel des entreprises de multiservice immobilier), de l'IFMA (International facility managers association) et l’implication de nombreux acteurs de la profession : -Gilles Bonnet - Crédit Lyonnais , Jean-Marc Castaignon - Société Générale , Michel Clément - SNCF , Jean-Yves De Luca - Spie-Trindel, Jean-Claude Fermier et Michel Rouillot – EDF, Alain Grout – Faceo, Françoise Lecherbourg - Crédit Lyonnais, Marie Hélène Moitier – AGF, Christian Monnier -Elyo – Suez, Jean-Jacques Navarro –ICADE , Michel Viguet - Gaz de France Cofathec.
Cohabilitation : Université d'Angers
Accords internationaux :
Le parcours "services généraux" est associé depuis 2 ans à l'élaboration d'un projet de Master Européen de "Facility Management" avec les universités britanniques de Glasgow et de Greenwich, l'université danoise de Copenhague, l'université suédoise de Halmstadt et la FachhochSchule de Detmold en Allemagne.
Environnement de Recherche :
Les travaux de recherche qui se feront dans ce domaine devraient trouver leur place dans l’axe Technologies, Organisation, Processus, Services (TOPS) du laboratoire ISIS attaché à l'Université de Marne-la-Vallée .
Volume horaire : 988
Spécialité accessible en formation continuePREMIERE ANNEE1er semestreUE: 262 Anglais 1
_COMPTA_ANA_
UE: Droit
251 Droit_specif_immob_construction_assurances_1
UE: Management
257 Qualité_et_management_processus
UE: Communication SG
260 Communication_techn
UE: Ingénierie
256 Ingénierie gestion
254 PRG_immob_gest_surfaces
UE: Exploitation
250 Immob_gestion_gérance
267 Logistique immobilière
UE: 265 Conf_ImmobUE: Découverte 1
Participation ARSEG JUNIOR
Assistance Proseg
Encadrement MIPI 1 et 2
UE: Découverte 2: Choix 2 immob entreprise parmi : 301,215,210,213
UE: Découverte 3: U.E d'ouverture
Second semestreUE: 263 Anglais services générauxUE: Achats
269 Gestion d'achats
UE: Droit
251 Droit_specif_immob_construction_assurances_1
UE: GRH
259 Gestion_GRH
UE: Communication SG
261 Communication apliquée
UE: Ingénierie
264 Intelligence batiment
254 PRG_immob_gest_surfaces
268 Gestion exploitation du patrimoine
UE: Exploitation
270 Management des projets immobiliers
UE: Sûreté sécurité
266 Sureté générale information
UE: 417 Initiation à la rechercheUE: 295 Mémoire 1UE: 298 Stage 1UE: M418 Vie professionnelleUE: 265 Conf_ImmobSECONDE ANNEE1er semestreUE: ANGLAISUE: DROIT
DROIT_SERVICES_GENE
DROIT_COMMERCIAL_CONTRAT
UE: CPTA ANALYSE FINANCE
CONTROLE_GESTION_BUDGET
GESTION_FINANCE_ANA
COMPTA_ANA_
UE: GRH -SG
GESTION_GRH_SG
GESTION_GRH_
UE: SI pour SG
SI_TECHNO_WEB
SI_TECHNO_IMMOB_SG
UE: MGT PROJET SG et LOGIST
MGT_PROJET_LOGISTIQUE_SG
MGT_PROJET_SG
UE: MGT SG
GESTION_MGT_PERFO
UE: CONF_SERVICES_GENERAUX_METIERS_SGSecond semestreUE: DROIT
DROIT_SERVICES_GENE
DROIT_COMMERCIAL_CONTRAT
UE: MGT SG
MGT_RISQUES_SG
UE: Mémoire 2UE: Stage 2UE: CONF_SERVICES_GENERAUX_METIERS_SGUE: CYCLE CHATERED SURVEYORS
Pathologie du bâtiment 1 (Cours du soir ICH)
Pathologie du bâtiment 2 (Cours du soir ICH)
Déontologie professionnelle 1 (durant le stage RICS)
Déontologie professionnelle 2 (durant le stage RICS)
Expertise Immobilière 1
Expertise Immobilière 2
OU Vie associative + 1 cours
http://www.univ-mlv.fr
7ème congrès annuel de la Fonction Achats et des Services Généraux
Du 18 au 22 octobre 2004 à Paris
COMUNDI a le plaisir de vous présenter la 7ème édition du Congrès Profession Acheteur qui se déroulera du 18 au 22 octobre 2004 à Paris.
Événement de référence, Profession Acheteur est un lieu d’échanges des fonctions Achats (Directeurs Achats, Responsables Achats, Responsable Approvisionnement…) et Services Généraux où se sont croisés plus de 800 participants et 120 intervenants en 7 ans. Occasion unique de faire le point sur les évolutions majeures des activités achats et services généraux et les tendances à venir, cette manifestation permet à chacun de composer un parcours adapté à ses besoins professionnels.
Au programme cette année 20 formations opérationnelles regroupées autour de trois thèmes :
« Votre fonction, vos performances »
L’Acheteur Performant
Tableaux de Bord et Indicateurs Achats
Définir et animer votre stratégie achat
Optimiser vos méthodes d’achat
La Négociation d’Achat
Construire votre plan de réduction des coûts
Comment manager efficacement vos services généraux
Indicateurs et tableaux de Bord des Services Généraux
« Les relations contractuelles »
Les aspects juridiques et contractuels des achats - niveau 1
Les aspects juridiques et contractuels des achats - niveau 2
Finance pour financiers
Prévenir les litiges avec vos fournisseurs dès la rédaction du contrat
Restauration collective : choisir et mettre en œuvre le meilleur mode de gestion
Marchés Énergétiques : comment obtenir l’offre la mieux adaptée à vos besoins
Contrat de Nettoyage : définir vos exigences, contrôler vos prestations
Verrouillez vos contrats de Prestations Intellectuelles
« Les métiers connexes »
Optimiser la maintenance de vos bâtiments : du diagnostic à la planification
Construire vos contrats de maintenance avec obligation de résultat
Assistant(e) des Services Généraux : devenez le co-pilote de votre manager
Gestion de parc automobile : nouveaux outils pour contrôler vos coûts
Pour consulter le programme du congrès « Profession Acheteur 2004 », cliquez ici : http://www.lra.fr/facilpatri/html/cycle.html
Pour tout renseignement complémentaire, contactez Isabelle BURAUD par téléphone au 01 46 29 69 05 ou par mail à mailto:ibureau@reedbusiness.fr
A l’occasion de la rentrée du DESS d’Ingénierie Immobilière conduit par l’A.F.S.M.I. (Association pour le Formation Supérieure aux Métiers de l’Immobilier) et rattaché à l’université de Marne la Vallée, le Groupe Meunier, partenaire de l’Association, a organisé la Conférence Inaugurale de la onzième Promotion sur le site parisien de la ZAC Seine Rive Gauche.
Cette journée de rentrée a permis aux nouveaux élèves de s’immerger immédiatement dans l’opérationnel. Autour de Christophe Clamagéran, Président de Meunier Immobilier d’Entreprises et d’Alain Caen, Président de Meunier Développements, Philippe Puel, Directeur de Programmes et Asset Manager de Meunier Promotion a réuni pour les étudiants, les principaux acteurs d’une opération immobilière complexe : aménageur, promoteur, architecte, investisseur, direction technique, commercialisateur. Une visite de différents immeubles a conclu la journée.
Quoi de plus efficace pour une équipe jeunes gens de 20 à 25 ans, que d’être confrontée dès le jour de la rentrée à ces notions, nouvelles pour eux, telles que le marketing, les contraintes politiques, financières, techniques, administratives et commerciales ? Ils auront à les approfondir tout au long de leur année de formation.
Cette promotion est composée de 27 étudiantes et étudiants dont 22 sont en formation initiale (pour la plupart en alternance) et 5 en formation continue. Leurs formations d’origine sont diverses allant de Bac + 4 à Bac + 6 :
- 6 viennent d’Ecoles Supérieures de Commerce ;
- 7 sont ingénieurs dont deux ESTP ;
- 2 sont architectes ;
- 4 ont une formation Gestion-Finance ;
- 4 sont juristes et / ou Sciences Politiques ;
- 1 a un cursus d’urbanisme et d’aménagement ;
- 3 proviennent d’écoles professionnelles.
Quant à la précédente Promotion, sur 17 étudiants en formation initiale – alors que les périodes de stages et d’apprentissage ne sont pas encore toutes terminées – 14 ont déjà signé des CDI, soit dans les entreprises qui les avaient accueillis pendant l’année du DESS, soit dans d’autres entreprises. Deux sont encore en stage et un dernier vient de partir pour un an parfaire son anglais au Canada.
Les métiers qui les accueillent et vont les accueillir sont les suivants :
- 6 d’entre eux rentrent dans des entreprises de promotion immobilière dont 4 dans le développement ;
- 2 restent dans le property et le facilities managment ;
- 2 demeurent dans l’expertise immobilière ;
- 1 dans la commercialisation ;
- 2 dans des organismes financiers ;
- 4 au sein de Foncières : asset management, investissement et arbitrages.
Ces quelques éléments montrent bien à quel point un troisième cycle universitaire, pour autant qu’il est d’une part tourné prioritairement vers les métiers et d’autre part très largement appuyé par l’ensemble d’une profession, peut être efficace en terme d’emploi pour les jeunes diplômés. Puisse le monde universitaire en prendre conscience.
Philippe Richard