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UNE RECONVERSION ÉTHIQUE POUR LES SALLES FUMEURS

À partir du 1er février 2007, il sera interdit de fumer dans les lieux publics. Les entreprises qui souhaitent satisfaire leurs collaborateurs accros à la cigarette devront largement investir pour se mettre aux normes. Pourquoi ne pas profiter de cette opportunité pour réhabiliter ces espaces en lieu ouvert à différentes questions actuelles ?

Qu'on le veuille ou non, les fumeurs vont perdre un avantage et un confort. La pause cigarette dans un lieu agréable était un moment de détente auxquels ils vont devoir renoncer pour aller fumer dehors. Les entreprises peuvent décider de garder les salles fumeurs comme un lieu de convivialité. Peut-être est-ce l'occasion de les transformer en réel espace d'aération ?

Les salles fumeurs représentaient un investissement qui peut être maintenu. Beaucoup de choses peuvent être imaginées pour leur réaffectation : espace de détente avec de la musique, des fauteuils massants, voire même des vélos d'appartement. Tout ce qui permettrait aux salariés de se relaxer. Et d'être plus productifs !

L'entreprise est un lieu majeur de socialisation et d'échange. Un tel espace ne pourrait-il pas institutionnaliser ces échanges autour de problématiques actuelles ?

Al Gore, Nicolas Hulot... Les enjeux écologiques prennent de plus en plus de place au coeur de la société et ne se limitent plus à une frange de la population. L'entreprise a un rôle à jouer dans le défi du développement durable. Informer les salariés en représente une partie. Pourquoi ne pas imaginer que les anciennes salles fumeurs tiennent ce rôle ? Le souci d'aérer nos locaux et d'avoir des lieux de relaxation se rapproche d'une certaine idée de l'écologie.

Le développement durable n'est pas qu'un effet de mode. C'est une réelle remise en question qui demande un changement de mentalité et de pratique, voire une éducation. C'est l'avis de Jean-Jacques Fasquel, consultant en communication et spécialiste du développement durable : « il faut qu'il y ait une sensibilisation populaire au développement durable. Cette initiation passe par l'école, pourquoi ne passerait-elle pas par les entreprises ? »

Rapatrier les lieux de convivialité telle que la machine à café permettrait de développer une sensibilisation autour des gestes du quotidien. Utiliser des mugs en porcelaine plutôt que des gobelets en plastique, proposer du café issu du commerce équitable, fournir de l'eau traitée plutôt que des bombonnes sont autant d'attitudes appropriées. Mais il faut aller plus loin pour ne pas rester à une « cafét' écolo ». Une information dynamique peut expliquer la portée de ces gestes.

Par exemple, beaucoup de petits films illustrent le développement durable ou le commerce équitable. On pourrait imaginer des expositions sur des sujets divers et variés. Les thèmes abordés peuvent déborder sur l'associatif. Les collaborateurs qui sont membres d'associations pourraient y trouver un espace pour présenter leur engagement.

Différentes associations sont également interpellées par une telle démarche. Pour Anne Bringault, directrice des Amis de la Terre, « communiquer avec les salariés est quelque chose qui nous intéresse beaucoup ». « Ce sont souvent des gens qui n'ont pas beaucoup de temps en-dehors de leur emploi et qui ont du temps sur leur lieux de travail. C'est intéressant de les aborder là. C'est très positif ! »

En associant sensibilisation éthique et détente, un tel espace permettrait à tous, fumeurs et non-fumeurs, d'y gagner un avantage et un confort.

Pierre Bouchet