Il y a aujourd’hui deux approches pour tenter de respecter l’environnement et la santé dans la gestion d’un immeuble de bureau. L’une passe par l’optimisation des flux entrant et sortant dans le bâtiment, la prise en compte des éléments techniques et la réorientation des principes de management ; c’est l’approche « macro », qui fera un jour le bonheur des spécialistes et des ingénieurs, quand les entreprises et les écoles auront vraiment décidé d’apporter toute leur attention à ces sujets.
L’autre est l’approche « micro ». Elle consiste à aller traquer les dysfonctionnements, les anomalies mais également les sources de progrès, non pas seulement dans les parties communes, mais dans les recoins de nos placards, le fond de nos tiroirs et dans nos (mauvaises ?) habitudes les plus courantes… Cette approche présente l’indéniable avantage sur la précédente, de pouvoir être mise en œuvre presque instantanément et par chacun d’entre nous.
Le sujet de ce mois est un peu à cheval sur ces deux approches. Cette situation peut tenir à l’organisation interne (gestion centralisée ou décentralisée ?), à la taille de l’entité ou à la mobilisation des occupants de l’immeuble. Ce sont les variables de « l’équation fournitures », sur lesquelles il n’est pas interdit de travailler (cf. conseil du mois). La constante, c’est le produit qui se trouve sur nos bureaux. Alors, écologiquement correct…
… le stylo avec lequel vous êtes peut-être en train de prendre des notes ?
S’il s’agit d’un stylo plume et qu’il dispose d’un système de pompe pour le recharger, vous marquez un point ! Car, vous l’aurez compris, ce qu’il faut bannir, c’est la cartouche plastique, gaspillage de matière première et source de déchet… Pour les mêmes raisons, il conviendrait d’éviter le stylo bille jetable en plastique. Cette remarque s’applique aux feutres qui contiennent parfois en outre des diluants toxiques, voire cancérigènes.
J’ai quant à moi une certaine faiblesse pour le porte-mine Criterium, mais, à moins de passer votre temps à signer des chèques ou des contrats, vous pouvez opter pour le bon vieux crayon à papier. A l’instar du canard, celui-ci est parfois laqué ; il conviendrait alors de l’éviter… Mais s’il se compose uniquement de bois et de graphite, vous venez de marquer un nouveau point !
Un examinateur moins sévère que moi vous en accordera un de plus s’il s’agit de bois « indigène » et labellisé. Vous laisserait-il pour autant passer quelques fautes d’orthographe ? Cela n’est pas sûr et il faudra donc peut-être recourir à l’usage de la gomme. Vous la préfèrerez en caoutchouc naturel, ce qui vous demandera peut être quelques recherches, car la plupart des gommes sont aujourd’hui en PVC : la perfection est à ce prix. Sur ce dernier aspect, vous n’êtes pas perdant car ces différents articles sont tous moins chers que ceux que l’on vous propose en page de garde des catalogues.
… votre liquide de correction ?
Si vous n’avez pas su vous résoudre à revenir au crayon à papier, la gomme ne vous sera pas très utile. Pour être exemplaire, vous devrez alors éviter de faire des fautes, car aucune des solutions imaginées par les fabricants n’est exempte de reproches. Si les liquides de correction ne contiennent théoriquement aujourd’hui plus de trichloréthylène, on y trouve encore du formaldéhyde. Le bonnet d’âne est coiffé par les stylos de correction qui contiennent les mêmes produits dans un conditionnement plus petit, auquel il convient de faire les mêmes remarques que celles faites plus haut aux stylos jetables.
Si vous devez faire un choix, préférez alors les rollers de correction, sous réserve que ceux-ci soient rechargeables. Outre le fait que la bande auto-adhésive soit plus neutre que les liquides de correction, l’idée est encore ici de limiter le volume des déchets produits.
… le surligneur ou le marqueur ?
C’est le principal (mais pas le seul !) reproche que l’on fera à cette famille de produits. Les corps en PVC ou en aluminium plombent littéralement leur poids écologique. Les meilleurs ne sont pas comme on pourrait le penser à base d’eau (présence de conservateurs à base de formaldéhyde) mais à base d’éthanol (à alcool). Les surligneurs peuvent être remplacés éventuellement par des crayons fluorescents.
… le ruban adhésif ?
Contrairement à ce que laisse à penser le nom devenu générique du produit longtemps emblématique d’une firme originaire, non pas de Calédonie, mais du Minnesota, pas de trace d’éthanol dans le ruban adhésif. Le produit miracle est ici l’acétate de cellulose. Il remplace avantageusement le polypropylène et surtout le PVC. Ce choix est d’autant plus judicieux que les chimistes de ladite entreprise ont désormais mis au point un produit qui ne jaunit plus avec le temps.
… la colle ?
Pas de choix alternatif, si ce n’est la gomme arabique : autant vous demander de vous remettre à l’encre violette, au buvard et à la plume sergent-major ! Car toutes les colles du marché sont mauvaises pour l’environnement et/ou pour la santé. Celles à base d’eau bénéficierons d’une certaine indulgence (a-t-on jamais vu un junky accro à la colle en bâton ?), mais elles contiennent souvent des matières allergènes et leur conditionnement laisse toujours à désirer.
… les articles de papeterie ?
Puisque nous en sommes à parler des conditionnements, vous devriez préférer le carton recyclé pour vos classeurs, dossiers et boîtes d’archives. Cette gamme de produits commence à bénéficier des les efforts déployés par les industriels dans le domaine du papier. De surcroît, toutes les objections faites parfois à l’encontre du papier recyclé tombent concernant cetype de produits. A défaut, et pour un usage particulier, le polypropylène sera préféré au PVC qui est à proscrire.
… la « quincaillerie » de bureau ?
A proscrire également, les trombones en plastique et autres punaises colorées : il faut leur préférer leurs austères équivalents en métal. Cette remarque vaut également pour tout ce qui est agrafeuse, perforateur, dérouleur de bande adhésive, ciseaux… Dans ce domaine comme dans bien d’autres, le vieil adage « le bon marché coûte cher » doit prévaloir : il est préférable d’investir dans du matériel solide et, par conséquent, durable !
… le petit équipement électrique ?
Cela revient à condamner un bon nombre des gadgets qui colonisent souvent nos bureaux ! Avant de vous en débarrasser, vérifiez toutefois qu’ils ne contiennent pas de piles… Car si vous avez traqué des traces de métaux lourds dans la teinte du capuchon de votre stylo, il serait benêt d’oublier que les piles sont composées de plomb, fer, zinc, cadmium, calcium, aluminium, lithium, nickel, soufre et que la quantité de mercure contenue dans une seule pile peut polluer jusqu’à 500 litres d’eau et 1m3 de terre.
Pour alimenter votre dictaphone ou votre calculette, préférez donc quand cela est possible l’alimentation directe par le secteur. Le cas échéant, utilisez des piles rechargeables ou des modèles à énergie solaire.
Un peu excessif ?
En conclusion, et si vous ne deviez retenir que ces trois principes de base, choisissez :
· des produits rechargeables ;
· des produits recyclables ;
· des produits durables.
Benoît LemmelJe me suis permis en introduction de traiter de façon un peu badine un phénomène assez détestable : le détournement. Il est en quelque sorte à l’employé lambda ce que l’abus de bien social est au cadre dirigeant… Le RSG soucieux de développement durable pourrait donc utilement rappeler que l’éthique des affaires ne s’arrête pas aux relations inter entreprises.
Point n’est besoin également d’invoquer le protocole de Kyoto pour responsabiliser les occupants d’un bâtiment. Et, s’il serait indécent de ma part de comparer le pillage des ressources du tiers monde à celui de l’économat, observons toutefois que les fournitures de bureau présentent l’insoupçonnable qualité de mettre en jeu à une toute petite échelle un ensemble assez complet des problématiques tournant autour de l’environnement, de la santé et de la morale.
Si vous trouvez un moyen d’associer votre personnel à la réflexion autour de ces sujets (création d’une commission, consultation à travers un questionnaire,…), vous vous apercevrez qu’il mettra lui-même en avant des mesures qui vous auraient paru ringardes, démagogues ou risquées : oui, il est prouvé que le fait de marquer à son nom ses crayons ou son agrafeuse diminue de manière spectaculaire le taux d’attrition et la fréquence des commandes de ces matériels ; non, pour peu qu’elle ait été expliquée, une gestion rigoureuse ne sera considérée comme une brimade ou un comportement mesquin…
A vous maintenant de faire preuve de vos dons de communicant !
Si vous vous sentez un peu court sur le sujet, vous pouvez toujours faire appel à des professionnels. Bénédicte Flinois et le studio Croquimage, qui illustrent parfois mes articles, ont réalisé de nombreux supports sur ce thème pour l’ADEME, le ministère de l’environnement, la fondation Nicolas Hulot et le WWF http://croquimage.fr/
Benoît LemmelIl y a quelques semaines, je vous recommandais l’acquisition de l’excellent « guide de l’habitat sain » de Suzanne et Pierre DEOUX, docteurs en médecine. Je viens de recevoir un livre sur le même sujet qui se révèle à plus d’un titre en être un complément judicieux.
Dans un ouvrage technique mais qui reste abordable, Claude-Alain ROULET nous livre le point de vue de l’ingénieur. J’en profite pour vous signaler l’existence de la « collection gérer l’environnement », qui compte déjà 22 titres. Elle est éditée par l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne.
Vous pouvez consulter sa fiche descriptive, et pourquoi pas, le commander, en pointant sur le site de notre partenaire, la librairie EYROLLES.
http://www.eyrolles.com/Sciences/Livre/9782880745479/societe=planetefacility
La semaine du développement durable a été l’occasion pour de nombreuses mairies de tenir des manifestations sur ce thème. Elles étaient sans doute toutes passionnantes mais, jusqu’à plus ample informé, une semaine ne compte pas loin de 7 jours et il a fallu faire un choix. Le mien s’est arrêté notamment sur le 2ème colloque Entreprise et développement durable. Trois raisons à cela :
- Le dynamisme de la communauté d’agglomération Arc de Seine (Chaville, Issy-les-Moulineaux, Meudon, Vanves, Villes d’Avray) qui était la puissance invitante ;
- la présence d’André SANTINI, multi lauréat du prix de l’humour politique, dont la clarté du discours et les bons mots ne se ratent pas ;
- l’animateur du colloque n’était autre que Christian REYBAUD, chef de rubrique Planete Facility, directeur commercial de FORM’A et président du « BossClub – Entreprendre en ARC de Seine ».
Deux thèmes ont dominé, l’intégration professionnelle des personnes handicapées et la réforme du code des marchés publics. Celui-ci permet par exemple aujourd’hui d’introduire pour l’analyse et le choix des offres des critères de sélection basés sur le respect de l’environnement ou l’égalité de tous devant le travail.
Une représentation de la pièce « Partie prenante » qui a donné lieu à un petit débat a clôturé la manifestation.