Le principe de théâtre à la carte est tout autre que celui présenté le mois dernier. Ce sont des comédiens qui interviennent à des occasions particulières de formations ou de communication :
- événements internes : conventions, réunions, assemblées générales, séminaires internationaux, séminaires force de vente,…
- célébrations : anniversaires, remises de prix, cérémonies des vœux, inaugurations, hommages,…
- événements externes : conférences de presse, lancements de produits, journées portes ouvertes, salons,…
Planete Facility a interviewé Frédéric Gray, chargé de projets et responsable de la communication :
P.F. : A qui s’adresse Théâtre à la Carte ?
C’est un métier qui touche au management, et qui s'adresse donc aux commerciaux, communicants, vendeurs, mais aussi à un public plus large de l’entreprise. Nous n’avons pas de cible particulière même si nos interventions se destinent plutôt à des managers.
P.F. : Comment est né Théâtre à la Carte ?
C’est plus de 20 ans d’expérience ! Ce concept a été fondé en 1984 par Bernard Poissonneau, le Directeur Général, d’abord à Montréal où ils ont été plus réceptifs, avant de revenir en France en 1992 avec un concept déjà à succès. Le groupe est aujourd’hui présent dans de nombreuses villes comme Genève, Barcelone, Québec, à Toronto ou New-York et profité d’une bonne notoriété sur le marché et les entreprises viennent facilement à nous. On fait beaucoup d’interventions et avons une bonne visibilité avec 12 ans en France, et malgré l’originalité du concept le fait de ne pas être inconnus et de fonctionner rassure les DRH des grandes sociétés.
P.F. : Quel esprit fédère votre équipe ?
Christian Poissonneau vient du spectacle pour enfant, et toujours aujourd’hui beaucoup de messages sont transmis aux adultes grâce aux aspects ludiques du théâtre.
P.F. : Quelles types d’entreprises font appel à vous ?
Ce sont des entreprises très variées et de toutes tailles : Coca, Jeff Bruges, Air France, mais aussi de petites PME. Notre cœur de métier est de faire du théâtre « sur-mesure » qui s’adapte au type de public et au contexte après avoir intégré la « culture » de l’entreprise. Un scénariste recueille des informations avant les répétitions pour une intervention adaptée.
P.F. : Comment est constituée votre équipe ?
Il y a deux types de population :
- des permanents : une équipe interne, ressources humaines, des collaborateurs dans la communication, une équipe chargée de projet, une équipe administrative, deux personnes à la direction artistique, des comédiens et des scénaristes ;
- une soixantaine d’intermittents du spectacle, scénaristes, comédiens, musiciens avec des synthétiseurs, des personnes s’occupant du décor et de la sonorisation. L’apport d’autant de personnes permet d’agir dans n’importe quel contexte.
P.F. : Quels sont vos champs d’action ?
Nous intervenons dans plusieurs domaines :
- La communication : ce sont des interventions en général ludiques, comme des « murders parties » prêtes à jouer ou personnalisées, pour briser la glace et fédérer une équipe, faire passer une information descendante festive par un spectacle.
- L’intervention participative : elle comporte une dimension d’accompagnement du comédien dans un objectif d’interactivité. On traite du changement, d’un mauvais entretien, et souvent les langues se délient et les solutions viennent d’elles-mêmes. En cas de fusion par exemple, nous faisons du théâtre d’action pour communiquer sur une nouvelle organisation. Plutôt que de restaurer les informations de manière classique, les comédiens montent sur scène et cristallisent le conflit. Dans un contexte difficile c’est un moyen d’exorciser, de dédramatiser et de prendre les choses du bon pied. Elle montre qu’on n’a pas besoin d’avoir peur. La démarche est positive.
- La formation : un training de 8-10 personnes pour prendre la parole en public par exemple, ou le collaborateur, pendant un jour ou deux, est mis face à des situations du quotidien.
On réalise des spectacles personnalisés, mais on a aussi des spectacles prêt à jouer, une quarantaine de saynètes. En octobre débute notre nouveau spectacle « Le bonheur au travail ».
P.F. : Quels retours d’expérience avez-vous ?
L’intervention est bien sûr difficile à évaluer, mais ce que nous avons eu sont positifs par rapport à la prise de recul et à l’effet miroir : on s’identifie au comédien. C’est comme une vue d’avion qui permet au collaborateur de s’exprimer et de verbaliser ses craintes. On entend souvent « je ne savais pas que la direction était consciente de ça ». Les solutions émergent plus rapidement.
Avant-première du nouveau spectacle : Le bonheur au travail.
Un titre un peu provocateur ! Surtout quand on voit l’atmosphère qui règne dans la petite PME mise en scène. A chacun alors d’y reconnaître ou non une situation vécue ! Quand un entrepreneur hollandais propose de racheter la petite entreprise à condition que les salariés y soient heureux,
Tout le monde doit se responsabiliser et à trouver les solutions pour ce bonheur « imposé » !
A la fin de la pièce, les spectateurs sont invités à lancer sur scène une note anonyme sur leur vision du bonheur au travail, lu par les comédiens…Autant dire que les stylos laissent libre cours à leur imagination. Mais cela permet surtout de réfléchir sur notre propre sentiment au travail.
Propos recueillis par Laëtitia Fritsch.