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LA NÉVROSE DU CARTON
Nouvelle page 2

Imaginez une femme à qui on aurait demandé d’archiver des documents pour réduire l’espace occupé et qui les aurait effectivement archivés mais après en avoir fait des photocopies… Ce type de réaction existe.  « On observe différents comportements face aux cartons ». Certains vont commencer rapidement à emballer leurs affaires. Ils voient cela comme une sorte de jeu. De nouvelles aventures s’offrent à eux et ils s’y précipitent avec enthousiasme. D’autres au contraire retardent le plus possible le moment du rangement. Ils trouvent des excuses et il faut alors les tenir par la main et les accompagner. Ces réticences sont liées à une impression de rupture. Cela est humain car finalement on met avant tout dans ses cartons des souvenirs.

Tous les salariés développent des repères dans l’ancien lieu qui vont être perturbés au moment du déménagement. «L’important est de dédramatiser et d’offrir un accompagnement plus ou moins important en fonction des réactions ». La peur de l’inconnu peut être combattue par la mise en place d’une « boîte de réflexions » dans laquelle les salariés déposent leurs questions et leurs craintes. Il s’agira par la suite d’organiser des réunions pour échanger sur le sujet et rassurer. Des visites du nouveau site ou même de show-room présentant le futur mobilier peuvent également être organisées. L’accompagnement se fait à la carte.

 

 

De l’humain, rien que de l’humain

 

« Il y a quelques années, il m’arrivait de voir des personnes se coucher par terre et refuser de déménager. Le client n’avait pas pris le temps de les préparer et de les faire adhérer au projet » se souvient M. Cela devient de plus en plus rare. Pour motiver leurs salariés, certaines entreprises les font participer autour du concept de « société citoyenne ». Le pré-tri sert alors à diminuer le volume des éléments à déménager mais aussi à lutter contre la déforestation puisque que les papiers sont recyclés.

Quelles que soient les précautions prises, la charge affective liée à l’ancien lieu est présente. Il est fréquent que des pots de départ et d’arrivée soient organisés. De la présence d’orchestres à la distribution de cadeaux, différentes activités peuvent être mises en place. De nombreuses larmes sont versées… Les salariés voyant que les déménageurs se sont bien occupés d’eux laissent bonbons, gâteaux et autres mots sur les cartons : « prenez soin de ma plante verte » ou « j’attends le beau brun aux yeux bleus pour qu’il m’aide à déballer mes cartons ».

Si la plupart des personnes traînent des pieds au moment de faire leurs cartons, elles ont hâte d’emménager une fois le rangement terminé. Elles arrivent généralement tôt le matin sur leur nouveau lieu de travail. Tout l’enjeu est alors de lisser les arrivées. Dans les premières heures, les salariés marquent leur territoire. Ils comptent leurs cartons, vérifient que le téléphone et internet fonctionnent puis partent à la découverte du lieu. L’aventure reprend dans de nouveaux locaux…

 

 LR