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LE PROJET WITE 2.0 : UN NOUVEL USAGE DES TIC POUR ÉQUIPER LE TRAVAIL À DISTANCE
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Le projet WITE 2.0 (Work IT Easy) est un programme de
recherche et d'innovation soutenu par le Fonds Unique Interministériel (FUI).
Produite par l'équipe de socio-technologues de l'opération, une étude
qualitative sur le travail à distance vient de paraître, en vue de la création
d'une plateforme numérique qui centralise l’accès à un ensemble de
fonctionnalités (issues entre autres d’applications de bureautique) à l’origine
offertes par une multiplicité d’applications. L’enquête part du postulat que les
technologies de l’information et de la communication (TIC) ne sont pas utilisées
de la même façon dans le cadre d’un travail à distance que sur le site de
l’entreprise. Le terme de « travail à distance équipé » prend sens dans la
mesure où le télétravailleur a besoin d’outil de travail, mais aussi de liaison
avec ses collaborateurs dans un but d’échange, d’accès aux ressources
informationnelles mais aussi de socialisation.
Ainsi, on remarque que les TIC sont surtout appréciées pour
tisser des relations socioprofessionnelles, via les messageries
instantanées. Mais les TIC permettent également une traçabilité numérique, et
grâce à elles, les heures de travail peuvent être vérifiées. Dans leur dimension
d’infrastructure de contrôle à distance, ces technologies peuvent alors servir
de barrière à la dispersion. Elles peuvent également servir de levier à la
dynamique collective : des managers s’en saisissent pour animer leurs équipes de
subordonnés qui sont « à distance ». Le chat, par exemple, est un outil
d’émulation d’équipes. Toutefois, le sentiment que ces technologies sont
potentiellement intrusives existe. C’est sans doute ce point le plus
intéressant, que l’on retiendra du rapport : dans certains cas (travailleurs
indépendants notamment), l’outil technologique en tant que tel est perçu comme
intrusif dans l’activité de travail. Les alertes incessantes de messagerie, de
flux RSS, de mises à jour, dispersent et dérangent le salarié. Le système
d’alerte est alors vu comme « vicieux » et le salarié a des difficultés à rester
attentif à son travail. A trop vouloir relier le télétravailleur au reste du
monde (de l’entreprise), on en vient à lui retirer l’isolement nécessaire au
travail lui-même…