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LE PROJET IMMOBILIER PEUT-IL (RE)CRÉER DE L’UNITÉ DANS L’ENTREPRISE-GROUPE ?
Nouvelle page 8

Il n’y a pas si longtemps, l’entreprise pouvait encore être présentée comme une grande famille, à laquelle on appartenait, qui donnait du sens à la vie parce que son activité même participait au développement de l’Humanité. Le modèle de capitalisme industriel mettait alors le profit financier au service du progrès technique, les banques finançant l’industrie qui à son tour créait des chemins de fer, des avions, des logements, de l’électricité… De fait, à un fort sentiment d’appartenance s’additionnait celui d’être utile à la société, quel que soit le niveau que l’on avait dans la hiérarchie.

 

Nous héritons donc de ce modèle d’entreprise communautaire, bâtie sur l’association, l’intégration, la fidélisation des travailleurs sur la durée, jusqu’à la valorisation de l’emploi à vie et l’acquisition d’une identité d’entreprise.

 

Cependant, ce modèle est désormais bel et bien derrière nous. Quel est donc celui qui se dessine dans la confusion des crises dont nous sommes témoins ?

 

Globalisation et financiarisation (depuis le milieu des années 80) débordent de leurs logiques et imposent de nouvelles structurations pour les entreprises. Parmi les acquis et les tendances, il apparaît clairement que la « puissance », la force n’est pas dans l’intégration verticale, technique, mais bien dans la capacité financière, des formes de flexibilité ou d’agilité, à travers notamment la constitution de groupes tout à la fois tentaculaires et de configuration mouvante.

 

Les très grandes sociétés, d’une part se fragmentent en filiales et d’autre part se restructurent en groupes. Le tout est plus large que précédemment, mais chacune des parties est plus petite, plus spécialisée voire, territorialisée. Une société visible par son siège près de l’Etoile ou dans une tour à la Défense devient un groupe. Celui-ci est toujours doté centralement d’un siège, certes toujours également prestigieux, mais d’une taille parfois bien modeste (un hôtel particulier), gouvernant plusieurs dizaines voire centaines de filiales plus ou moins majoritaires, en France et dans le monde entier, chacune dotée de son propre siège, quitte à contribuer activement à revaloriser la banlieue au dessus du périphérique nord...

 

Que devient alors l’unité de l’entreprise-groupe, son identité ? Comment se traduit sa lisibilité de marque ou de marques ? Comment appréhende-t-elle et traite-t-elle son espace ; celui de sa production, de ses marchés ? Comment gère-t-elle son patrimoine immobilier, de moins en moins fonctionnel « d’un point de vue directement productif », mais toujours « à enjeux » d’un point de vue de bas de bilan… ?

 

Dans le contexte ainsi posé et face à des sociétés industrielles intégrées aux groupes multi-filialisés, financiarisés et globaux, Génie des Lieux souhaite aborder à l’aide de plusieurs experts, le thème de l’unité de l’entreprise à travers un repérage et une analyse de ses transformations structurelles, et de leurs conséquences sur les stratégies de ressources humaines et spatiales.

 

L’objectif de ces rencontres sera donc, à la lumière des indications des experts de débattre des enjeux de la financiarisation, des conditions de travail qui en découlent et des conditions inhérentes à leur changement, des préconisations et des solutions à mettre en œuvre pour tendre à la fois à l’amélioration de la performance tout comme au bien-être des salariés.

 

La question essentielle à traiter sera de savoir comment l’entreprise-groupe peut retrouver cohérence, sens et unité et de savoir si chaque filiale doit « imiter » la maison mère en matière d’organisation, de management, d’aménagement ou si chacune doit rester une entreprise dans l’entreprise.

 

 

Pour tous renseignements et inscription aux ateliers : Séverine Colas • s.colas@geniedeslieux.fr