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A la
première édition du Salons des achats organisé en mai par Bfair à La
Défense, comme au dernier salon Bureau Expo de Siseg du mois d’avril, les
stands des exposants ressemblaient davantage à des cafés du commerce qu’à des
showroom mettant en vitrine les dernières innovations. Les espaces de
présentations de produits ont laissé la place à des comptoirs où prendre un
verre, et à des lieux d’échanges. Contrairement à ce que leur nom indique, ces
salons de professionnels sont devenus des lieux de rencontre plus que des
marchés. Les services, solutions, matériels et équipements pour les entreprises
qu’ils sont sensés présenter n’étaient pas au rendez-vous cette année.
Les
industriels n’auraient-il plus d’idée ? Attendent-ils des entreprises qu’elles
leur dictent leur besoin ?
C’est
surtout de l’argent qui manque aux fournisseurs. Les entreprises, qui minimisent
leurs achats depuis la crise dans une politique de restriction des coûts ont
tarit la source de l’innovation en refusant d’alimenter les budgets des
industries pour la Recherche et le Développement des produits. En boudant les
produits, ce sont donc les acheteurs qui ont asséché l’offre en quelques années.
Car quand on achète un produit, on finance aussi le produit de demain. Il n’y a
donc plus de proposition dans les salons car les entreprises n’ont pas participé
à la recherche industrielle en refusant les dernières propositions. On comprend
alors que les acheteurs sont co-responsables de la production industrielle.
L’innovation
a besoin d’être soutenue, alimentée en continu. Dans ce contexte de baisse des
achats, il est inévitable que la disparition de la recherche industrielle touche
également les secteurs-clés des achats hors production. Fournitures, mobilier,
conseils, et autres services aux entreprises, ne proposent donc plus rien de
neuf, et ne sont plus que l’objet de discussions pour une industrie vidée de sa
substance.
Suzanne
Duchiron