Le bureau est
un lieu d’expression collectif et particulier, un capteur
d’usage, mais aussi un capteur d’image.
Si l’aménité est présente dans son quotidien, elle
permet de faire cohabiter l’usage avec une dimension poétique
et même ludique, de passer de l’invisible au sensible. Elle témoigne,
elle donne le mode d’emploi des espaces, des dispositifs construits,
du mobilier et en dessine les contours.
L’option d’aménité sur la valeur d’usage et
de production est facteur d’attractivité, de dynamisme.
La localisation,
l’accessibilité, l’architecture sont des
données immuables de l’immobilier, le mobilier au contraire permet
une adaptabilité, de corriger les choix et favorisent les appropriations
où l’intérêt particulier devient l’intérêt
général renforce l’authenticité et l’identité de
l’entreprise.
Les meubles ont
cet avantage par rapport aux espaces, de se pérenniser,
de se transformer ou bien de disparaître quand ils sont obsolètes.
La
qualité d’un
mobilier dans un espace banal est aussi déplacé que
la banalité d’un mobilier dans un espace de qualité, mais
donner au mobilier un rôle de correcteur d’espace est une
fonction nouvelle qui permet d’ameniser, de remettre à l’échelle
des lieux qui ont oublié leur fonction d’accueil.

Le travail des
frères Bouroullec dans le système Joyn qu’ils
développent pour vitra, illustre bien ce propos.
Joyn
est un système ouvert, favorisant la diversité des formes de
travail.
Il encourage la communication, facilite les échanges en supprimant
au maximum les barrières physiques.
Il
favorise le travail individuel, le travail collectif, les conférences,
l’accompagnement des services simplement et économiquement.
Mais
plus encore, grâce à ses micro-architectures, ses baldaquins,
il redonne un toit à tous les sans-abri du bureau et encourage le nomadisme
et les appropriations ponctuelles.

Il serait d’ailleurs
intéressant de voir les évolutions
dans l’usage de ce système Joyn édité en 2002, des
premières implantations jusqu’à 2007.

Le
bureau comme art de vivre, partager la magie du quotidien avec d’autres,
c’est un droit fondamental, c’est un droit pour tous.
Joachim
Richard