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La situation économique restant toujours maussade, nous
n’aurions pu espérer cette année encore de grandes innovations de la part des
fabricants, ni une reprise forte de la demande émanant des entreprises. La
participation à l’exposition a encore diminué par rapport à l’année précédente,
et les sociétés accusent une baisse d’activité de plus de 30% entre 2009 et
2010. Si la croissance du début du millénaire est donc totalement anéantie, il
semble que l’on soit tout de même en voie de consolidation. Les fabricants, qui
ont réduit leurs budgets recherche et développement, ne présentent pas de
grandes nouveautés, mais ont fait des efforts en amélioration produit et en
expansion de gamme. La tendance est à une expansion de cible, une stratégie pour
toucher une clientèle hors des entreprises, avec une offre destinée aux écoles,
universités, cliniques de santé et particuliers. Le développement spécifique de
cette cible permet de réutiliser des plates-formes produits avec une ligne de
produit courte (sans choix), mais renouvelée plus fréquemment.
Flexibilité et facilité
Dans le monde du bureau, le maître mot est celui de la
flexibilité. C’est évidemment un enjeu économique reconnu par toutes les
entreprises, mais c’est aussi une question de confort des employés. En effet, on
constate que la souplesse est revendiquée dans l’installation même du mobilier.
Le but est que les employés puissent adapter comme ils le veulent leurs espaces,
le configurer en mode privé ou ouvert sans se gêner les uns les autres, et sans
faire appel à un facility manager. Les fabricants proposent alors des
aménagements avec peu de matériaux et de composants, pour un mobilier facile à
bouger et à connecter. Se donner les moyens avec peu de moyens, voilà une
formule qui devrait plaire à beaucoup…

Accessoiriser
Côté design, la tendance aux espaces de collaboration se
développe toujours plus. Malgré la réticence des américains, l’abandon du poste
de travail individuel est amorcé, contraint par un souci économique de réduction
des surfaces. Place désormais aux espaces ouverts, lieux de convergence, où
chacun peut venir travailler avec ses outils portables. Les américains en font
des coins salons, aux allures cosy, retrouvant le côté « comme à la maison »
avec une offre généreuse en sofas, fauteuils, tables basses, banquettes, etc.
Les tables bench sont également la solution apportée aux espaces de
travail partagé, et avec un peu de retard sur l’Europe, elles commencent à être
intégrées outre-Atlantique. Pour faire passer la pilule aux travailleurs
attachés à leur espace privé, et rattraper les bénéfices perdus dans ces
produits économiques, les fabricants développent les accessoires, et donnent
ainsi les moyens aux employés de personnaliser leur espace. L’offre de luminaire
est à cet égard phénoménale, et les designers redoublent d’imagination pour
proposer des lampes attrayantes, colorées, ludiques ou stylées. L’arrivée des
LED dans le monde du travail leur permet de plus une liberté d’invention qui
semble sans limites...

Développement durable, le
message est passé
De l’argument économique à l’enjeu écologique, les
entreprises ont enfin franchi le pas de l’attitude verte, du moins dans les
mentalités. Les architectes et designers parlent tous de développement durable,
et commencent à retenir l’attention des entreprises, qui sont sollicitées par
les multiples labels écologiques existants aux États-Unis, et qui espèrent
obtenir une certification pour la qualité environnementale de leurs locaux. Les
fabricants indiquent désormais le taux de matériaux recyclé de leur produit, et
diminuent le nombre de matériaux dans leur composition. Les entreprises sont
également de plus en plus sensibles à la qualité de l’air de leur environnement,
et à l’accès à la lumière naturelle, deux points particulièrement difficiles à
maîtriser dans les tours de grandes hauteurs.

Nouvelles technologies
Pour faire face à la difficulté d’outiller les espaces
ouverts, les sociétés de technologies commencent à proposer de nouveaux modes
d’alimentation pour nos portables et autres Smartphones. Pour éviter
l’encombrement d’un fil et d’un transformateur à relier à une prise (notons que
les faux planchers sont moins développés aux USA qu’en Europe, et que les prises
électriques sont donc plus rares en open space), les fournisseurs utilisent
l’induction pour proposer des surfaces de recharge des outils avec beaucoup plus
de flexibilité. Ces surfaces d’alimentation font déjà dire aux américains que
nous passons du « wifi power » au « wireless power ». Non seulement la connexion
n’a plus besoin d’ancrage, mais l’alimentation non plus ! L’abandon total de la
liaison filaire ouvre la porte à une toujours plus grande mobilité, et
certainement à des changements de comportements et d’organisation de travail,
qui ne laisseront pas d’apparaître lors du prochain NeoCon.
Propos recueillis par Suzanne Duchiron auprès de Fabienne
Munch, Herman Miller Inc.