« Eco intelligente »
On l’a dit, la crise a par son ampleur, profondément marqué le paysage économique à bien des abords. Les baisses de revenus, le sentiment d’insécurité ont incité les ménages, ainsi que les entreprises à faire un maximum d’économies. Si monsieur tout le monde ne va plus au cinéma, son entreprise, elle devient « Eco intelligente » et s’intéresse de près à son coût de fonctionnement. Désormais, la rentabilité n’est plus une excuse pour dépenser de l’argent, il faut être « efficace et pas cher » pour reprendre ce slogan publicitaire désormais culte. On se lance donc dans une analyse approfondie de l’activité pour déterminer quels sont les coûts à abattre. Et en tête de liste se trouve, le foncier. Il représente une part énorme du coût de fonctionnement d’une entreprise, quand en moyenne seulement 55% de sa capacité n’est utilisée de manière constante.
Optimiser pour mieux régner
Optimisation et flexibilité, deviennent donc les maîtres mots du « workplace management ». Les sociétés seront de moins en moins propriétaires de leurs biens immobiliers. L’idée est de permettre une flexibilité de l’espace de travail, qui devient modulable et s’adapte aux besoins de la société. L’espace excédentaire est donc supprimé comme les coûts qui lui sont associés. L’espace lui même change et devient plus impersonnel, plus fonctionnel. Le bureau comme lieu de passage, comme lieu d’échange, non plus comme lieu de stockage. La technologie devient un substitut à l’espace. Une entreprise américaine a réalisé l’économie de 4 kilomètres linéaires d’armoires en supprimant ses archives papier. La numérisation et le stockage « virtuel de données » permettent donc une économie d’espace et d’argent, mais permettent aussi une plus grande flexibilité dans le travail. En effet, stockée sur serveur, les dossiers sont disponibles depuis partout ou presque par quiconque dispose d’une connexion internet et du bon mot de passe.
« Télémaniaques »
Si l’on a plus besoin d’aller au bureau pour travailler, le télétravail partiel peut donc se développer. A grand renfort de téléconférences et de réseaux d’entreprise, les salariés travailleront de chez eux et ne se déplaceront que pour les réunions. Moins de transport, c’est un gain de temps et de sérénité pour l’employé. Dans certains cas les bureaux disparaitront entièrement, au profit de ces « centres de télétravail » en plein développement. Déjà très en vogue dans la capitale londonienne, il s’agit d’espaces de travail auxquels on s’abonne sur le même modèles que les clubs de gentlemen très populaires au siècle dernier. Plus de coût foncier, tout se fait à distance, même la formation continue qui se fera désormais en ligne. Par vidéo conférence, l’effectif des classes peut être multiplié à l’infini, réduisant significativement les coûts, sans pour autant affecter la qualité de l’enseignement. De plus, le temps mobilisé se réduit au minimum, puisqu’il ne sera plus nécessaire de s’absenter du bureau pour suivre sa formation.
Un changement de priorité

En résumé, c’est tout le concept de l’espace de travail qui est remodelé par la crise. Du point de vue des occupants de l’espace foncier, celui-ci doit devenir flexible et modulable en fonction de ses besoins. Pour le propriétaire qui dans ce contexte verra plus de la moitié de ses baux non renouvelés, l’objectif sera l’occupation. Et afin d’atteindre ce but, il devra mettre son espace en valeur, plus de design, plus d’économique, d’écologique, et moins de perte. Quand aux investisseurs, dans une société ou le foncier n’est plus indispensable au fonctionnement, ils devront revoir leurs dividendes à la baisse.
Alexandra Deroch