home > Femmes dirigeantes : une valeur plus sûre pour la société de demain.
FEMMES DIRIGEANTES : UNE VALEUR PLUS SÛRE POUR LA SOCIÉTÉ DE DEMAIN.
Nouvelle page 1

Un quota de parité pour augmenter le nombre de femmes aux postes de direction

 

Elles ont beau être de plus en plus nombreuses à sortir des grandes écoles, les femmes peinent toujours à s'imposer dans les instances de direction des grandes entreprises nationales. Face à ce retard français, les députés ont adopté, le 20 janvier dernier, une proposition de loi de l'UMP qui oblige à terme les grandes entreprises à un quota de 40% de femmes dans leurs conseils d'administration d'ici 2016. En effet, si les statistiques affichent un accroissement régulier de la part des femmes dans les différents secteurs de métiers, les fonctions occupées dans l’entreprise par les femmes restent majoritairement des fonctions dites « transverses support », les ressources humaines et la communication représentant plus de la moitié des emplois féminins en entreprise. La disparité ne se joue donc pas dans la quantité, mais dans la qualité du poste, et son degré de responsabilité et de pouvoir. Ainsi, à peine plus de 9 % de femmes figurent dans les conseils d'administration et conseils de surveillance et seulement 7 % dans les comités de direction ou comités exécutifs, qui sont les instances opérationnelles. Aujourd’hui seules six entreprises du CAC 40 comptent trois femmes ou plus dans leur conseil, et plus du quart n'emploie pas de femmes au niveau des comités de direction. Quant aux entreprises de culture « technique » telles EADS, Airbus, et Vallourec,  elles ne comptent aucune femme ni dans leur conseil d'administration, ni dans leur comité de direction.

 



 

Hommes / Femmes : quelle différence ?

 

Les sociologues affirment que cette disparité est culturelle. Les postes à haute responsabilité nécessitent en effet une disponibilité à toute épreuve, une grande mobilité géographique, et surtout une progression de carrière sans interruption de parcours, qui reste inconciliable avec l’obligation des femmes à conjuguer vie professionnelle et tâches domestiques et familiales, ces tâches étant toujours inéquitablement réparties dans le couple. Certains dirigeants prétendent qu'ils ont du mal à trouver des femmes, mais cela est faux, car ce ne sont pas les compétences qui manquent aux femmes. L’obstacle à leur évolution de carrière, c’est que ce sont les femmes qui font les enfants, et cela, aucune loi ne pourra le changer.

Pourquoi chercher cependant à hisser les femmes aux commandes des grandes entreprises ? Parce qu’il semblerait que le potentiel féminin soit l’avenir de notre société. Les experts spécialisés dans les études de genre ont depuis longtemps démontré que la maternité conférait aux femmes des qualités dont les hommes sont souvent dépourvus. La sagesse féminine résiderait dans un instinct protecteur, qui ferait des femmes des personnes plus prudentes, plus conscientes de leurs responsabilités et des conséquences de leurs actes. Par contraste, la crise des traders est justement l’exemple même de la dangerosité des prises de risques et des gestes impulsifs, comportement généralement attribué à la gente masculine ! Alors, si la crise fut l’œuvre des hommes, la société future sera-t-elle reprise en main par les femmes ? Les femmes pourraient en effet avoir une meilleure capacité de jugement et d’évaluation des risques, très appréciable en ces temps d’incertitude.

 



 

Femmes au pouvoir : quels résultats pour l’entreprise ?

 

En Norvège, la représentation des femmes dans les conseils d’administration a atteint 41 % depuis que le pays a légiféré pour instaurer des quotas en 2003. Quels effets cela a-t-il produit ? Tout d’abord, un grand chambardement dans les mentalités, et une obligation pour les hommes de faire confiance aux femmes même pour d’importants enjeux. De manière générale, instaurer de la diversité dans les conseils d’administration ne peut être que profitable. Sans aucun doute, c’est dans un mélange des sensibilités, féminines et masculines, mais aussi celles relatives aux différentes générations et parcours professionnels, que se joue l’efficacité et la pertinence d’une prise de décision.

Une étude réalisée en 2007 sur les plus grandes entreprises européennes a constaté que les sociétés ayant au moins trois femmes dans leurs comités de direction ont vu leur rendement moyen augmenter d’environ 10%, et leur bénéfice d'exploitation presque doubler. L'étude  en déduit que les entreprises qui cultivent une diversité des sexes équilibrée connaissent une meilleure qualité de gestion et d'organisation. La diversité de sexe comme d’âge et de parcours conduit à l’évidence à une meilleure compétence globale de l'équipe dirigeante, et donc de meilleurs choix stratégiques.

 

La prudence, l’organisation, la gestion des ressources et la transmission du savoir sont aujourd’hui des valeurs primordiales pour conduire la société, et à fortiori pour diriger une entreprise. Si elles sont plus naturelles aux femmes, alors il semble que Louis Aragon avait vu juste lorsqu’il affirmait que « la femme est l’avenir de l’homme ».

 

Suzanne Duchiron