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Sandra vit en Angleterre et elle souhaite partir vivre en Suède dans deux mois. Alors qu’elle s'apprête à démissionner de son travail, elle propose finalement à son employeur de continuer à remplir sa mission depuis la Suède, avec des réunions à Londres deux fois par mois. Après négociations, cette option est choisie, à l’essai dans un premier temps.
Cette solution aurait-elle été possible dans une entreprise française ?
Le télétravail est-il mieux accepté par les anglo-saxons ou est-il de retour avec la crise et le relatif « immobilisme » qui en découle (ex. baisse du turnover dans les entreprises, réduction des embauches) ?
Est-il un moyen de réduire les coûts immobiliers ou plutôt une pratique liée à la culture de l’entreprise ?
Le rapport cité dans l’article consacré au télétravail du mois dernier montre que celui-ci est toujours considéré comme un effet culturel (il prédomine dans les pays anglo-saxons et nordiques), ou une stratégie de l’entreprise. A aucun moment, y compris dans le rapport réalisé par le Centre d’analyse stratégique pour le compte du gouvernement français, on aborde la question de la réduction des coûts immobiliers engendrée par le télétravail.
Dans les entreprises, la question n’est pas « Comment réduire mes coûts en incitant les salariés à travailler à distance ? » mais plutôt « Peut-on travailler aussi efficacement depuis son domicile qu’au bureau ? ». Autrement dit la méfiance règne toujours envers les « travailleurs » et les réductions de coûts n’ont pas percé ce lieu sacré.
Cette question semble toujours faire débat aujourd’hui. Un débat qui concerne le management, la stratégie d’entreprise, les « hautes sphères », mais qui écarte les directions opérationnelles.
Pourquoi ne pas accorder le crédit qu’elles méritent aux directions immobilières alors qu’elles conjuguent gestion des espaces de travail, confort des occupants, valorisation des actifs, impact environnemental des bâtiments, aspects réglementaires… elles jouent donc un rôle de plus en plus transversal. Par ailleurs, leur place devient stratégique dans l’entreprise notamment par l’ampleur des budgets gérés.
Pourquoi ne pas penser la culture de l’entreprise en la rapprochant des questions liées aux réductions de coûts et la flexibilité des salariés ?
Michel TOLILA
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