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SIMI 2009 : FROTTEZ LA LAMPE POUR QUE LE GÉNIE DES LIEUX APPARAISSE...
Nouvelle page 3

Représentant l’espace de travail au SIMI 2009, Génie des lieux, société de space-planning créée il y a 13 ans, a créé l’évènement en mettant en scène sur son stand trois « postes de travail collaboratif ». Tandis que les autres exposants ne présentaient que des produits composants l’espace de travail, le prestataire a apporté quant à lui une vision de l’aménagement d’un espace ouvert, une proposition déjà adoptée par Thomson, dont le siège social vient d’emménager en décembre dernier.

 

Le concept « d’espace collaboratif »

Pour ce SIMI 2009, Génie des lieux a donc présenté une illustration d’un « espace collaboratif », ce concept étant le fruit d’une recherche effectuée avec un panel d’experts et de clients utilisateurs finaux Grands Comptes, en partenariat avec trois entreprises du mobilier de bureau – Arféo, Haworth, et Koenig und Neurath distribué par MTOP. D’autres partenaires se sont associés ensuite à la réalisation : Matfor (cloisons), Chappaz (agencement), Confidence & Light et Regent appareils d’éclairage (luminaires).

 


    

 

 

Cette démarche originale de réflexion collective dans un espace-temps limité témoigne de l’inventivité et du dynamisme de Génie des lieux, qui ne manque pas de cette imagination créatrice autrement nommée « ingenium » par les latins. S’il est indéniable que l’espace ouvert est l’aménagement le plus avantageux en termes de rentabilité grâce à la réduction des surfaces, la mutualisation des services, le développement de la communication et de la collaboration qu’il engendre, le spécialiste de l’aménagement constate que l’open-space, qui s’est imposé avec le parangon du « bench » (cette immense table de travail regroupant une dizaine de collaborateurs, voire davantage), a des limites. « Quand l’entreprise est en développement, l’open-space est un facilitateur », reconnaît Pierre Bouchet, directeur de la société, « mais en période de crises, ou seulement de difficultés individuelles, il devient néfaste car il exacerbe les tensions et les met en évidence à la vue de tous ». Pour éviter les écueils d’un aménagement spatial ouvert à l’excès, le concept d’espace collaboratif se propose alors comme une solution de compromis, qui oblige chaque entreprise à trouver une organisation adaptée à ses activités et surtout à son mode de management. Mais qu’y aurait-il donc de génial dans l’élaboration d’un tel concept ? « L’idée n’est pas neuve », concède Pierre Bouchet, « et l’on sait bien que l’aménagement d’une entreprise relève d’un choix de fonctionnement dans l’organisation de travail ». Le rôle du prestataire est seulement de communiquer sur la mise en place d’une telle démarche, et d’engager les entreprises à remettre en question leurs problématiques fonctionnelles pour déterminer leurs besoins. Associer une solution d’économie immédiate à une démarche de développement pérenne de la productivité, tel est l’objectif du conseiller, qui cherche à initier des projets qui prennent en compte la dimension humaine du travail. Le propre du space-planneur est alors de concevoir des solutions standardisées mais flexibles, qui pourront supporter adaptations et remaniements pour être ainsi efficaces sur le long terme.

 

L’espace collaboratif répond-il à une demande ?

 



 

L’espace collaboratif est une réponse à différentes situations. Les « SIMIstes » qui se sont penchés avec intérêt sur l’évènement de l’espace collaboratif ont été pour beaucoup des sociétés revenues de l’open-space, qui constatent l’échec de leur aménagement et voient dans ce poste de travail collaboratif une atténuation de l’espace ouvert, qui prend en compte des problématiques humaines qui avaient été négligées dans leur projet. Lors de son intervention sur l’une des conférences du SIMI, l’avocat Maître Barrat a  pu alerter les visiteurs sur les limites de l’open-space, en démontrant que l’ouverture à outrance peut contribuer significativement à la détérioration des conditions de travail, et engendrer par suite des perturbations sur le rendement de l’entreprise (arrêts de travail, conflits sociaux). Le conférencier a rappelé que l’employeur n’est pas exempt de contraintes juridiques vis-à-vis de l’espace de travail qu’il offre à ses employés, et qu’il s’expose donc à des poursuites s’il n’en prend pas suffisamment compte. Pour d’autres sociétés travaillant encore dans des bureaux fermés, l’espace collaboratif est au contraire l’occasion de s’engager vers l’ouverture spatiale en douceur, et de ménager leurs collaborateurs qui ne supporteraient pas un changement trop radical. C’est le cas du secteur public, note Pierre Bouchet, qui se voit contraint de réduire ses surfaces de 25% et se heurte à la réticence de ses agents à quitter leur poste de travail cloisonné. « Génie des lieux se propose alors d’accompagner l’objectif économique par un traitement le plus qualitatif possible », soutient le directeur. Ingénieux, à défaut d’être génial, notre conseiller sait fédérer les ambitions. Si le but d’un projet d’aménagement est toujours d’augmenter la productivité de l’entreprise, le space-planneur, par le conseil qu’il apporte, met en garde contre les « mauvaises pratiques » qui nuisent à la qualité d’un aménagement. A l’occasion du SIMI 2009, la société a édité un guide pour accompagner l’aménagement des espaces collaboratifs, dans lequel est développé une charte de bonne conduite pour « bénéficier des qualités de l’espace ouvert (communication…) sans en créer les écueils (bruit, perte d’identité…) ». Il s’agit pour la société de véhiculer un discours, et de bénéficier de la communication engendrée par le SIMI pour sensibiliser les entreprises à la qualité humaine et par conséquent à la pérennité de leur aménagement.

 

Le bilan de cette exposition au SIMI est très positif, selon Pierre Bouchet. Assurément, Génie des lieux et ses partenaires mobiliers ont bien capté la demande des visiteurs sur ce salon. On déplorera cependant de n’y avoir pas trouvé d’innovation, ni aucun concept révolutionnaire : à l’évidence, les visiteurs n’y sont pas prêts, et la tiédeur du compromis - entre ouvert et fermé- nous fera bien passer l’hiver…

 

Suzanne Duchiron