A la recherche de Charles & Ray Eames
Il
y a cent ans naissait Charles Eames.
Mort en 1978, ses créations lui survivent et s’améliorent
en absorbant les avancées de la technologie et du développement
durable.

Ainsi la Plastic Armchair (1950), hommage rendu à un autre
précurseur, Gustave Eiffel, est produite aujourd’hui, modifiée
par la nature de sa nouvelle coque en polypropylène recyclable.
Si l’expressivité des matériaux n’est pas trahie
par son actualisation, sa simplicité continue à faire cohabiter
fonctionnalisme et formes naturelles, à créer l’émotion.
Tous les projets de Charles Eames et de Ray, sa compagne et sa complice, sont
un plaidoyer pour une créativité humaine «capable de développer
les idées et de suivre leur exécution », mais que cela
s’applique au-delà de leur disparition prouve la pertinence de
leurs choix et leur facilité à s’inscrire dans l’évolution, à anticiper
l’avenir.

Pour vous en persuader, il suffit de vous étendre dans la Lounge Chair
(1956), de préférence complété par le tabouret
Ottoman :
Cette structure « allongée » et fragmentée, reliée
par des socks mounts, liaisons en caoutchouc et métal, procure au
dossier une élasticité unique. Le cuir de rembourrage s’installe
dans des coques en bois stratifié plié, puis moulé,
fruit d’une longue recherche qui commença par la réalisation
de gouttières (brancards) pour l’US Navy en 1942.

Kem Plywood Elephant, le petit tabouret créé il y a 62 ans
pour leurs enfants, issu des mêmes technologies est enfin commercialisé en
série limité par Vitra pour ce centenaire.
Vitra, www.vitra.com, dans le
campus de sa célèbre usine de Weil-am- Rhein (Allemagne), à la
frontière franco-helvetico-allemande, rend hommage à ce couple
mythique dans une exposition qui leur est consacrée et dans un cadre
architecturale exceptionnel qui célèbre aussi et ainsi les
liens profonds entre Architecture et Design.
Joachim Richard