home > Que pensent les français de leur environnement de travail ?
QUE PENSENT LES FRANÇAIS DE LEUR ENVIRONNEMENT DE TRAVAIL ?
Nouvelle page 3

Quand on interroge le vécu des salariés au bureau par rapport à leur environnement de travail, on découvre que le confort seul ne fait pas le bonheur…

 

AOS Studley vient de publier les résultats d’un sondage confié à l’institut Opinion Way sur l’appréciation, par les salariés travaillant dans un bureau, de leur environnement de travail. L’étude révèle trois grandes familles de salariés : ceux qui trouvent leurs bureaux « motivants » (33%), ceux qui les jugent « purement fonctionnels » (23%) et ceux qui considèrent leur environnement de travail « inadéquat » (44%).

 

 

 

L’étude souligne que près d’un salarié sur deux ne fait aucun lien entre son environnement de travail et l’organisation générale et la stratégie de l’entreprise. Elle met en exergue une observation-clé : le sentiment de confort au bureau existe d’autant plus que la cohérence entre l’environnement de travail et l’organisation de l’entreprise est perçue comme « forte ». Il ressort donc de cette enquête une inadéquation flagrante entre les modes d’organisation dans les bureaux et l’aménagement de leurs espaces. Pourtant, l’organisation du travail dépend de l’organisation spatiale, et la dissociation des deux engendre fatalement le mal-être chez le salarié, qui ne dispose pas des conditions environnementales adaptées à ses tâches. La fonctionnalité ne peut pas se limiter à des aspects purement immobilier, constate-t-on a l’issu de l’enquête, car la localisation du bâtiment (proximité du domicile, implantation dans un quartier commerçant et vivant, emplacement symbolique valorisant) est un facteur déterminant dans la sensation de bien-être chez l’employé. Ensuite, le confort réside dans l’aisance des interactions physiques avec les collaborateurs (proximité) et la facilité à se repérer (qualité de la signalétique).

 

Encore une fois, l’enquête nous prouve qu’un projet d’aménagement ne doit pas être que logistique et technique. Il ne suffit pas de s’appuyer sur le bench mark en appliquant ce qui est le mieux dans l’immobilier et le mobilier sans prendre en compte l’organisation de l’entreprise ; il faut adapter la configuration aux exigences humaines des collaborateurs. Des fauteuils ergonomiques, un bon éclairage et une climatisation modulables ne suffiront pas à rendre heureux l’employé s’il ne peut pas travailler comme il le souhaite. En fait, on s’aperçoit que la notion de confort est très subjective, puisqu’elle correspond à un rapport de cohérence optimal entre un environnement et une activité. Il s’agit alors d’adapter l’environnement à cette activité, au lieu de chercher des critères absolus et standards du confort quand les tâches des employés sont par ailleurs de plus en plus spécifiques. On s’aperçoit ainsi que les salariés d’une petite start up travaillant dans la sous-pente mal éclairée d’un grenier poussiéreux peuvent être parfaitement à l’aise tandis que le personnel d’une grande société à qui l’on aura fournit le mobilier le plus luxueux et une qualité environnementale soignée pourront malgré tout se sentir mal… Difficile de satisfaire le travailleur, quand son bonheur dépend d’un vécu et d’un ressenti si subjectifs. Le seul critère auquel on doit se fier, c’est la prise en compte de l’humain au niveau individuel, ou du moins, au plus près de ces particularités, c’est-à-dire en fonction du rôle spécifique des salariés dans leur entreprise. Ces chiffres nous révèlent donc qu’il faut aménager les bureaux en adéquation avec le travail humain qui doit s’y jouer. L’aménagement doit être un levier pour favoriser une lecture adaptée de l’organisation et de la stratégie d’entreprise, et peut alors ouvrir des possibilités nouvelles pour créer de la motivation, du sentiment d’appartenance, de la fierté d’entreprise.

 

Suzanne Duchiron