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Selon une série d’articles
« The Future of Work » parus dans le Times Magazine, le travail tel que nous le
concevons serait en plein bouleversement identitaire. La génération PlayStation
aura-t-elle raison des irréductibles Gaulois ? Décodage.
Éthique, écologique, économique.
C’est un peu la nouvelle devise de l’économie française.
Après le père, le fils et le saint esprit, on veut une économie responsable.
Tout d’abord responsable vis-à-vis de la planète, en effet, chez les entreprises
la tendance du moment est de se mettre au vert. Selon les prévisions, il faudra
compter avec 10% de job verts en plus aux USA. Une économie du politiquement
correct qui va de paire avec une économie aux budgets serrés. Depuis la
limitation de l’empreinte carbone jusqu’à l’élaboration de produits recyclables,
en passant par la limitation des transports des marchandises comme des employés,
c’est toute la chaîne qui se met au vert. Moins de pollution, moins de frais, et
en plus un atout marketing, les entreprises ont trouvé le filon de l’économie
responsable. Mais l’éthique s’invite aussi dans la haute finance. Plus question
de revivre l’épisode anglais de l’hiver dernier. La morale revient au goût du
jour dans les grandes écoles comme la Thunderbird School of Global
Management (Arizona) qui a décidé d’inclure à sa remise des diplômes, la
signature d’un véritable serment d’Hippocrate du trader. Fera-t-on pour autant
plus facilement confiance aux lauréats de cette école qu’aux autres ? Cela reste
à prouver d’autant plus que la signature, non-obligatoire est fortement
contestée par les élèves.

Plus besoin de monter les échelons, on installe un
ascenseur.
Avec l’éthique, ce sont les compétences qui sont à
l’honneur. C’est un peu une nouvelle promesse de l’égalité des chances. Mais
attention à ce que le rêve américain ne tourne pas au cauchemar. En effet, outre
atlantique, on sonne le glas de l’open-space. Fini les heures de bouchons tous
les matins, désormais, il vous suffira de quelques codes d’accès et d’une
connexion internet pour vous mettre au travail. Freelance, et à distance, il
sera inutile de passé des heures assis sur votre chaise si vous n’êtes pas
productif. On mesurera votre valeur par la qualité de votre travail, et non plus
par la quantité. A ce sujet, le chief information office de Fedex, estime
que la meilleure simulation de cette nouvelle échelle est le jeu en ligne
World of Warcraft. La personne qui est la plus productive deviendra le
leader de l’équipe jusqu’à ce qu’une autre personne soit plus productive
qu’elle. L’avancement devient donc plus rapide, et plus facile tout comme le
déclassement. Vous n’êtes plus le meilleur ? Game over, vous voilà redescendu au
rez-de-chaussée. Votre employeur et vos collègues, sauront quand vous avancez et
quand vous êtes bloqué puisque toute l’entreprise sera connectée sous le même
log-on. C’est le principe même du réseau, donner l’impression de plus de
liberté, des horaires flexibles, moins de contraintes physiques avec la
suppression des bureaux, tout en contrôlant plus. L’ambiance de travail sera à
la compétition entre membres d’une même équipe qui ne se côtoieront peut être
même pas. Un système qui déshumanise complètement les ressources humaines, et
qui supprime toute impression de sécurité de l’emploi. Oserons-nous encore
partir en vacances, ou même une après-midi sans craindre que la concurrence nous
coiffe au poteau ?

Girl power
Des horaires flexibles, et la qualité en priorité, cela
donnera la main aux femmes. Pourquoi ? Eh bien premièrement parce que selon une
étude, l’environnement de travail des femmes semble être plus efficace. Le
groupe de recherche Catalyst a étudié, Un parc de 500 compagnies, et en a
conclu que celles dont la population de cadres comptaient le plus de femmes,
étaient aussi celles qui avaient un meilleur retour sur investissement. Il
semblerait que les femmes restent focalisées sur l’accomplissement de la tâche,
quelque soit la manière de le faire, quand les enfants dorment, en une semaine
de trois jours, ou depuis leur I-phone. Deuxièmement parce qu’elles ont
tendance à prendre moins de risques que les hommes dans leurs décisions. Les
chercheurs de Cambridge démontrent dans leurs travaux, que les femmes optent
pour des stratégies à long terme, quand les hommes, rivalisent de coups de
poker, et ce particulièrement quand ils sont entourés par d’autres hommes. Qui
eut cru il y a quelques années à l’annonce des lois pour la parité, qu’elles
seraient un véritable atout business. Le journaliste du Times Magazine va même
jusqu’à conseiller d’employer beaucoup de femmes et de les laisser travailler
comme elles l’entendent pour faire plus d’argent.
En résumé d’ici à une vingtaine d’années, le travail tel
que nous le concevons n’existera plus aux USA. Selon la formule d’un journaliste
américain, « nous verrons un monde du travail plus flexible, plus free-lance,
plus collaboratif, et surtout beaucoup moins sécurisant. » Il y aura plus de
femmes, mais moins d’humanité. Les interfaces aseptiseront les relations
sociales au sein de l’entreprise, comme elles aseptisent déjà les relations
amoureuses sur les sites de rencontre. La grande question est, la France,
attachée aux droits du travail se laissera t’elle contaminer par cette économie
du tout, tout de suite, parfait et en continue ? La mondialisation annonce
t’elle la fin d’un monde social ?
Alexandra
Deroch