Nouvelle page 1
Construite en 1929 pour Compagnie Parisienne de Distribution
d’Electricité, cette sous-station EDF, rachetée par la ville de Paris et
reconvertie en hôtel d’entreprises par l’architecte Emmanuel Saadi à la demande
de la SAGI, prolonge de manière subtile l’activité initiale du bâtiment
puisqu’il produit sa propre énergie et même au-delà, grâce à l’intégration de
cellules photovoltaïque, insérées dans les doubles vitrages feuilletés qui
ferment les grandes baies verticales d’origine qui donnent ainsi une identité
nouvelle par cette espèce de pixellisation de façade, en accord avec les
nouvelles technologies et les nouveaux modes de communication qui réunissent ici
ces entreprises.

Une valeur ajoutée apportée par la haute qualité
environnementale qui facilite l’accueil des entreprises (la commercialisation
des immeubles de bureaux avec leurs certifications H.Q.E. représentent
aujourd’hui les deux tiers de la production sans pour autant augmenter la
valeur locative des locaux), mais aussi une prise en compte de l’espace
intérieur qui n’est pas encore, d’après des études récentes, la cible
privilégiée des constructions HQE. Ici les axes de circulation à l’intérieur
sont largement éclairés par des lumières colorées, réfléchies sur des habillages
de parois métalliques. Les niveaux de bureaux sont surmontés par une terrasse de
1200m2, accessibles à tous les usagers de l’immeuble, toute appartenance
confondue, sur laquelle est construite une serre événementielle ou simplement
accueillante, intégrant des cellules photovoltaïques, mais aussi un
office-cuisine et des toilettes alimentées comme toutes les autres par la
récupération des eaux pluviales qui permettent également d’entretenir les
massifs de lavandes tant à l’intérieur de la serre que sur la terrasse et le
toit terrasse de la centrale d’air hygiénique.

Au rez de chaussée, le bâtiment est ceinturé par une voie
de livraison donnant du recul par rapport à la mitoyenneté et là aussi l’espace
extérieur est mis en lumière à la tombée de la nuit.
Nous avons pu visiter l’espace de MAXYMA, une agence
experte en communication et en marketing d’intérêt général qui se situe au rez
de chaussée. Une partie en sous-sol abrite un studio image-son, un atelier de
traitement d’images et une grande salle de réunion, organisés autour de la large
trémie d’escalier qui amène la lumière naturelle, chaque pièce étant fermée ou
pas par de grandes baies vitrées.
Au niveau de réception les groupes de travail sont à la
fois ouverts et délimités, accompagnés d’une petite salle de réunion et d’un
coin détente pour s’isoler du groupe ou se rencontrer, l’ensemble profitant
d’une grande hauteur sous plafond et curieusement les capteurs intégrés aux
façades participent à l’intimisation du lieu par rapport à l’extérieur, mais
aussi à l’implantation des groupes de travail (confort, discrétion).

En sortant, dans le hall d’entrée, on aperçoit un tableau
lumineux qui informe sur l’énergie produite et celle consommée, pour une fois on
a l’impression d’être civilisé.
Joachim Richard