Nouvelle page 1
Par Paulo Dias, CEO de Regus EMEA (Europe Afrique Moyen-Orient).
La gestion
innovante des bureaux peut faire économiser des millions aux entreprises.
Les sociétés
qui s’en remettent aux méthodes classiques pour organiser leurs espaces de
travail en donnant à chacun de leurs collaborateurs un bureau fixe, un téléphone
et un ordinateur, jettent littéralement leur argent par les fenêtres.
Des études
récentes ont prouvé qu’à chaque instant, jusqu’à 50% des postes de travail d’une
entreprise pouvaient être inoccupés – l’entreprise continuant bien entendu à les
financer à 100%.
La faute à l’évolution de
la façon de travailler en entreprise : entre ordinateurs portables, téléphones
mobiles, smartphones gérant les e-mails, hot spots Wifi disponibles à tous les
coins de rue, de nombreux collaborateurs ont un mode de travail qui ne demande
pas forcément de passer du temps dans les murs de leur société. De même que les
collaborateurs dont la présence physique est
nécessaire au sein de leur société ne restent eux-mêmes pas toute la journée à
leur bureau.
Le mot
d’ordre « à chacun son bureau » paraît aujourd’hui bien désuet dans les
structures modernes où ce qui caractérise le travail de chacun n’est plus « où
il se fait » mais « comment il se fait ». Bien que la nécessité de conserver des
bureaux physiques soit incontestable, les sociétés ont tout intérêt à améliorer
le retour sur leur investissement immobilier en exploitant des dispositifs
flexibles qui offrent à leurs collaborateurs de nouvelles options pour définir
quand et où ils travaillent.
Au final,
quelle que soit la cause de la mauvaise utilisation de l’espace de travail,
toutes les sociétés peuvent en améliorer la gestion.
La réponse la plus
spontanée à la question de l’espace de travail inutilisé est tout simplement
d’abandonner cet espace à la faveur du télétravail. Les technologies actuelles
en font une option réaliste et sérieuse pour de plus en plus de professionnels.
Ce qu’on pourrait appeler des « espaces tiers », comme les hotspot internet
publics, les bibliothèques, les cybercafés, sont devenus des lieux aussi
fréquentés par les professionnels mobiles que leur propre bureau. Avec les
outils adéquats, certains professionnels se révèlent tout aussi productifs que
sur leur lieu de travail, tandis que leur société économise la quasi-totalité
des charges liées à leur espace de travail.
Malgré le
développement du télétravail, il est évident qu’une activité à distance ne peut
convenir à tous les types de collaborateurs. Les entreprises innovantes
reconnaissent qu'il n'est pas nécessaire d'allouer un bureau individuel à
chacun. Les ressources et l’espace, lorsqu’ils ne sont pas utilisés par un
collaborateur, peuvent l’être par un autre.
Cette idée est celle de l’« office hoteling ». A l’instar des voyageurs qui
n’exigent pas un lieu de résidence permanent dans les villes qu’ils visitent,
beaucoup de collaborateurs ne demandent pas un bureau à plein temps dans les
locaux de leur entreprise. Plutôt que d’avoir un espace réservé pour eux à tout
moment, un système de bureau « hôtelier » met à disposition un espace en
fonction de leurs stricts besoins.
Une version moins formelle
de « l’office hoteling » est le « hot-desking », offrant à chacun la possibilité
de s’installer à tout poste de travail libre, sans avoir besoin d’effectuer une
réservation.
Alors qu’aucune de ces
options ne s’applique à l’ensemble des collaborateurs d’une entreprise, ces
espaces de travail temporaires sont bien adaptés pour certains types de profils,
en particulier les fonctions commerciales, qui sont fréquemment en déplacement.
Parallèlement à la rationalisation de leurs ressources au sein de leurs sièges,
les entreprises peuvent également tirer parti d’une nouvelle approche concernant
la localisation de leurs filiales ou de leurs bureaux de représentation. Que ce
soit de l’autre côté de la ville ou dans une autre agglomération, ouvrir de
nouveaux bureaux pour se rapprocher de clients importants ou attirer de nouveaux
talents implique des investissements de départ ainsi que des risques liés aux
obligations d’un bail immobilier. En effet, il existe toujours cette possibilité
que l’activité ne soit pas à la hauteur des objectifs, obligeant les entreprises
à clore leur site avant le terme de leur contrat. A l’inverse, si l’activité de
ces nouveaux bureaux se révèle être une réussite, il est fort probable que la
société ait à rechercher un nouvel espace, plus vaste, pour assurer son
développement. Dans tous les cas, la société risque de payer pour de l’espace
dont elle n’a pas besoin, ou d’assumer des pénalités pour ne pas avoir attendu
le terme du bail.
Les sociétés peuvent
éviter ce genre de problèmes en se tournant – en lieu et place de baux
traditionnels – vers les centres d’affaires qui proposent des bureaux
entièrement meublés et équipés. Ces centres, offrant des espaces partagés, prêts
à être utilisés, se situent généralement dans les centres villes ou leur
périphérie. Ils permettent aux sociétés d’ouvrir facilement des bureaux dans les
lieux stratégiques, plus proches de leurs collaborateurs ou de leurs clients
importants, sans avoir besoin de signer un engagement de bail et d’investir sur
de l’équipement. La plupart des centres d’affaires offrent des contrats courts
termes, permettant aux sociétés d’accroître ou de réduire leur espace de
travail, de manière simple et peu coûteuse, sans avoir à changer de site.
Dans tous les cas, force
est de constater qu’il n’y a pas de solution « type » pour réduire le gaspillage
d’espaces de travail. Pour en optimiser l’usage et en tirer de véritables
bénéfices, les entreprises doivent développer une stratégie personnalisée qui
s’attaque au sujet sous différents angles. Le point commun à chacune de ces
stratégies est la remise en cause de l’image traditionnelle de l’espace de
travail, qui doit désormais s’adapter aux nouvelles réalités de la mobilité
professionnelle. La transition prendra du temps, mais il y a beaucoup à gagner
pour les entreprises qui arriveront à prendre ce tournant.
Paulo Dias est CEO de
Regus EMEA (Europe Afrique Moyen-Orient). Le groupe Regus est le premier
fournisseur d’espaces de travail au monde, disposant de plus de 1000 centres
d’affaires répartis dans 450 villes et 75 pays.